Le ton monte à Bissau à moins d’une semaine du référendum constitutionnel. Prévu dimanche 30 août, le scrutin doit décider du passage de la Guinée-Bissau d’un régime semi-parlementaire à un régime présidentiel renforcé.
Le dimanche 30 août prochain, les électeurs Bissau-guinéens devront répondre par oui ou par non à la question suivante : « Êtes-vous d’accord sur l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution approuvée par le Conseil national de transition ? »
Le texte, adopté par le Conseil national de transition, en janvier dernier, prévoit d’accorder au futur président le pouvoir de nommer et révoquer le Premier ministre et le gouvernement, ainsi que de dissoudre le Parlement. Pour les autorités de transition, dirigées depuis près d’un an par le général Horta N’Tam, cette réforme doit apporter la stabilité institutionnelle qui manque au pays depuis l’indépendance en 1974.
Ce référendum s’inscrit dans un mouvement plus large observé ces dernières années en Afrique, avec des révisions constitutionnelles au Zimbabwe, en Guinée, au Togo, en Ouganda ou encore au Tchad visant à étendre les prérogatives de l’exécutif. Le vote du 30 août constitue aussi une étape clé avant les élections législatives et présidentielle prévues le 6 décembre, censées marquer le retour des civils au pouvoir.
Quelques jours avant l’ouverture du scrutin, plusieurs partis d’opposition ont appelé au boycott. A travers une sortie publique, le PAIGC a dénoncé l’organisation du référendum « dans un contexte de restriction des libertés publiques ». Selon le parti, les activités politiques sont suspendues, les sièges des formations fermés et la campagne interdite.
Pour le président de la Ligue bissau-guinéenne des droits de l’Homme, Abubacar Ture, le système présidentialiste voulu par la junte « va concentrer tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme. Cela est dangereux pour notre démocratie ».
En rappel, le général Horta N’Tam est arrivé au pouvoir à la suite du coup d’État du 26 novembre 2025 qui a renversé le président Umaro Sissoco Embalo. Située entre le Sénégal et la Guinée-Conakry, la Guinée-Bissau a déjà connu quatre coups d’État et plusieurs tentatives depuis 1974.











