Ganiou Soglo : ce qui justifie les inquiétudes de l’ancien ministre sur la dette publique du Bénin

Dans un entretien récent accordé à un média, l’ancien ministre Ganiou Soglo, a exprimé ses préoccupations concernant l’état actuel de la dette publique du Bénin. Il a souligné les risques associés à l’endettement accru sous la gouvernance de Patrice Talon, ainsi que les implications potentielles pour l’avenir économique du Bénin. Ganiou Soglo a commencé par…

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Dans un entretien récent accordé à un média, l’ancien ministre Ganiou Soglo, a exprimé ses préoccupations concernant l’état actuel de la dette publique du Bénin. Il a souligné les risques associés à l’endettement accru sous la gouvernance de Patrice Talon, ainsi que les implications potentielles pour l’avenir économique du Bénin.

Ganiou Soglo a commencé par rappeler les chiffres alarmants de la dette publique. En fin décembre 2023, l’encours de la dette publique du Bénin s’élève à 6508,52 milliards FCFA, contre 2101,17 milliards FCFA en mars 2016. « Le pays affiche actuellement un taux d’endettement de 54,91%. On est plus loin de la norme communautaire dans l’UEMOA qui est fixée à 70% alors que nous n’avons aucune ressource minière où véritable produit d’exportation qui puisse soutenir notre endettement et le rendre viable sur le long terme. Il se dégage aisément que la gouvernance de Patrice TALON a triplé l’encours de la dette publique au Bénin », a-t-il confié à Kori Actu. La stratégie de l’administration Talon, selon l’ancien ministre, repose sur l’idée que la dette est un levier de développement et que « l’on ne prête qu’aux riches ». Cependant, il met en garde contre les dangers d’une dette non maîtrisée, qui pourrait mener à la faillite de l’État et avoir des conséquences graves pour les générations futures. M. Soglo cite l’exemple de l’Argentine, qui illustre les risques associés à un endettement excessif. Ganiou Soglo note également que le Bénin « se retrouve dans le top 3 des pays les plus endettés de l’UEMOA après la Côte d’Ivoire et le Sénégal. » Il souligne que d’autres pays de la sous-région, tels que le Niger et le Mali, qui disposent de ressources naturelles importantes (uranium, pétrole, or, diamant, lithium), contrôlent leur endettement. En revanche, le Bénin ne bénéficie pas de tels atouts, ce qui rend sa dette moins viable à long terme. « Le Bénin dépense plus pour le service de la dette que pour la santé. Il est plus que nécessaire de trouver des solutions innovantes sur la gestion de la dette du Bénin, avec des actions proactives à mener pour sécuriser le financement de son développement », a-t-il ajouté.

 

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