Le parquet de Libreville a requis, ce mardi 11 novembre 2025, vingt ans de prison ferme et 100 millions de francs CFA d’amende contre l’ex-première dame du Gabon, Sylvia Bongo Valentin, et son fils Noureddin Bongo. Jugés par contumace pour des délits économiques présumés, les deux exilés à Londres rejettent un procès qu’ils estiment « politique ».
Devant la Cour d’appel de Libreville, le Procureur général Eddy Minang a présenté un réquisitoire particulièrement sévère contre ce qu’il a qualifié de « duo mère-fils ayant travesti le pouvoir présidentiel » après l’accident vasculaire cérébral d’Ali Bongo en 2018. Selon lui, Sylvia Bongo et son fils auraient mis en place un vaste système de détournement de fonds publics, d’enrichissement personnel et de blanchiment d’argent à grande échelle. Outre la peine de 20 ans de prison et les et 100 millions de francs CFA d’amende, le Parquet a demandé la confiscation de l’ensemble de leurs biens au profit de l’État gabonais : comptes bancaires, propriétés à l’étranger, actifs pétroliers et miniers, ainsi qu’une cinquantaine d’entreprises. Il a également exigé le remboursement de 4,4 milliards de francs CFA. Dans son intervention, le Procureur a évoqué des sommes colossales, citant notamment 16 milliards de francs CFA que l’ex-première dame aurait reçus du Trésor public pour ses « besoins personnels ». Il a également présenté des preuves matérielles ( photos de jets privés, acquisitions de bijoux, de vêtements de luxe et de propriétés à Londres et Marrakech ) qu’il attribue à des fonds publics détournés. Pour le magistrat, Sylvia et Noureddin Bongo « ont régné sans partage, avant de se poser aujourd’hui en victimes d’un système qu’ils ont eux-mêmes façonné ». Il a rejeté toute accusation de torture ou d’atteinte aux droits de la défense, affirmant que la procédure est conforme à la loi. Les témoignages entendus au cours du procès ont renforcé la thèse du parquet. L’ancien assistant personnel de Sylvia Bongo, le Coréen Kim Oum, a décrit un train de vie somptuaire financé, selon lui, par les caisses de l’État. Il a affirmé que des fonds de la présidence auraient été utilisés pour acheter une centaine de véhicules destinés à la campagne présidentielle de 2023, dont le budget atteignait 80 milliards de francs CFA. Un autre témoin, Jordan Camuset, a confirmé l’existence d’un important patrimoine détenu à l’étranger. Depuis Londres, Noureddin Bongo a réagi sur le réseau social X. Il a dénoncé un procès « monté de toutes pièces » et a affirmé avoir fait des aveux « sous la torture ». Sa mère, Sylvia Bongo, maintient également son innocence et dénonce une « cabale politique ».Gabon : le Parquet requiert 20 ans de prison contre Sylvia Bongo et son fils Noureddin
Le parquet de Libreville a requis, ce mardi 11 novembre 2025, vingt ans de prison ferme et 100 millions de francs CFA d’amende contre l’ex-première..
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