Eléphant Mouillé : l’humoriste béninois raconte son histoire façonnée par la spontanéité, la douleur, l’incompréhension …

Derrière le nom Eléphant Mouillé, un acteur bien connu du paysage humoristique béninois, se cache une histoire façonnée par la spontanéité, la douleur, l’incompréhension. Rencontré,..

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Derrière le nom Eléphant Mouillé, un acteur bien connu du paysage humoristique béninois, se cache une histoire façonnée par la spontanéité, la douleur, l’incompréhension. Rencontré, Pierre Zinko alias Eléphant Mouillé, comédien béninois, raconte avec émotion, comment l’humour s’est imposé à lui dès l’enfance. Détails…

Tout a commencé à Bohicon, sa ville natale. À l’époque, le jeune garçon ne connaissait ni le mot “comédie”, ni celui de “carrière artistique”. Ce qu’il savait en revanche, c’est qu’il ne pouvait pas s’empêcher de parler, de chanter, de danser et de faire rire, souvent même dans les moments les plus inattendus. « Chaque fois qu’il y avait des funérailles ou des manifestations dans le quartier, j’y allais. Je disais des choses, les gens riaient, et on me donnait de l’argent », se souvient-il. Mais son enthousiasme n’a pas toujours été compris. Ses parents, intrigués par ce comportement, pensaient que leur fils était « devenu fou » ou « un enfant gâté ». « À chaque fois, je faisais des enquêtes pour savoir s’il y avait des animations quelque part, juste pour pouvoir y aller et faire quelque chose », raconte-t-il. Sans le savoir, l’enfant avait attrapé ce qu’il appelle aujourd’hui “un virus” : une force intérieure incontrôlable qui le poussait à distraire, à égayer. « Même si je suis malade, les gens ne me croient pas. Même les docteurs pensent que je blague. Mais au fond de moi, j’ai des problèmes. » Cette confusion entre ses élans comiques et ses douleurs personnelles, a longtemps marqué son parcours. Ce malentendu s’étendait même à ses proches : « Un jour, on a dit à ma mère qu’on m’avait vu quelque part en train de faire rire les gens. Elle croyait que j’étais devenu malade. » Mais ce jour-là, en entendant son fils raconter ce qu’il vivait, elle finit par rire aussi. Ce rire maternel fut le premier signe d’acceptation, prémices de la reconnaissance familiale. De Bohicon à Cotonou : un parcours semé d’obstacles C’est en 1986 qu’Eléphant Mouillé décide de s’installer à Cotonou, la capitale économique, pour poursuivre cette passion qui le dévore. Il intègre plusieurs troupes, dont certaines spécialisées dans le théâtre classique. Mais très vite, il se heurte aux exigences des metteurs en scène. « On me donne des textes sérieux, on me demande de pleurer, mais moi je transforme tout. Je fais rire. Même quand je veux pleurer, les gens rient », explique-t-il. Le rire le suit, ou plutôt, il le porte partout. Il tente de s’adapter, de répondre aux attentes du théâtre “sérieux”, mais rien n’y fait : « Mes larmes deviennent des choses comiques pour les gens. Même dans mes moments de douleur, je déclenche le rire. » Une dualité qu’il accepte aujourd’hui comme une marque de son art. Aujourd’hui, Documents joints

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