Duo de candidats chez Les Démocrates : l’absence des femmes, un désintérêt ou un aveu d’impuissance des militantes ?

En ce qui concerne les candidats à la candidature du parti « Les Démocrates », à l’élection présidentielle d’avril 2026, la liste qui a fuité..

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En ce qui concerne les candidats à la candidature du parti « Les Démocrates », à l’élection présidentielle d’avril 2026, la liste qui a fuité dans la presse le mardi 07 octobre 2025, a révélé un constat flagrant : le désintérêt des femmes pour les fonctions de hautes responsabilités politiques.

Le constat effectué est, en effet, sans appel : sur les 34 candidatures enregistrées pour les postes de Président et de Vice-Président de la République, aucun nom de femmes ne figure sur la liste. Et pourtant, ce n’est pas des femmes militantes qui manquent au parti de l’opposition, dirigé par l’ancien président de la République, Boni Yayi. Sur 28 députés représentant le parti au parlement, figurent au moins six femmes. Chantal Adjovi, Elise Aïhe, Dénise Hounmenou, Zénabou Kora, Hélène Olossoumai, Edwige Tossah n’ont-t-elles pas de poigne pour candidater au sein de leur parti pour la magistrature suprême ? En dehors de ces femmes parlementaires, d’autres femmes, même si leur militantisme se limite parfois sur les réseaux sociaux, s’illustrent de plus en plus par leur prise de positions radicales, sur des questions brûlantes de l’actualité ou encore même par leur silence. En dehors de Madame Nadine Okoumassoun, auteure de l’ouvrage « Belle et rebelle », qui raconte son séjour en milieu carcéral à la suite de son interpellation en 2021, lors d’un mouvement qui était contre le deuxième mandat du président Patrice Talon, il y a Madame Julia Akpaki. Les deux visiblement peuvent être frappées par le critère d’âge (NDLR 40 ans) mais d’autres femmes et pas des moindres sont présentes et animent la vie du parti. Mais alors, qu’est-ce qui justifie donc cette absence criante des femmes LD sur la liste des prétendants à la candidature du parti ? La peur de perdre cette bataille quoique rude au milieu des hommes ou alors la crainte de perdre 5 millions F CFA sur les 25 millions F CFA de caution réclamés une fois la candidature rejetée ? De toute façon l’absence des femmes candidates sur 34 prétendants pendant que la gent féminine réclame l’égalité du genre traduit peu ou prou, un désintérêt manifeste des femmes pour les postes de hautes responsabilités politiques. En l’occurrence chez « Les Démocrates ». Et surtout si on s’en tient aux nombreux dispositifs mis en place par le législateur, à la faveur du système partisan pour inciter les femmes à participer aux prises de décisions en milieu politique. Désormais au Bénin, la loi réserve exclusivement 24 sièges sur les 109 du parlement aux femmes, à raison d’une par circonscription électorale. La preuve, au terme des élections législatives du 8 janvier 2023, 28 femmes ont été élues pour siéger à l’Assemblée nationale. Si cette discrimination positive vise à garantir une présence croissante des femmes dans les instances de décisions, elle doit cependant être accompagnée par de fortes et courageuses décisions d’elles-mêmes. Cela commence d’abord par l’intérêt qu’elles affichent pour les hautes fonctions politiques, même les plus improbables comme celles de président et de vice-président de la République. En lançant l’appel à candidature dans le cadre du choix de son DUO pour la présidentielle du 12 avril 2026, le parti « Les Démocrates » a voulu faire preuve de transparence et donner les mêmes chances aussi bien aux hommes qu’aux femmes. Mais en même temps, au regard de la liste des 34 candidatures enregistrées, l’absence de femmes laisse un goût d’inachevé à tout point de vue. Au demeurant, on se demande à quoi a servi cet appel, si on est parti du principe d’offrir les chances égales à tout le monde au départ pour ne pas avoir de femme colistière à l’arrivée.

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