Dogbo : la disparition d’un chef tontinier plonge des membres dans la détresse

Démarrée il y a environ deux ans à Dogbo, dans le département du Couffo, à environ 136 km de Cotonou, une tontine d’entraide ordinaire destinée..

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Démarrée il y a environ deux ans à Dogbo, dans le département du Couffo, à environ 136 km de Cotonou, une tontine d’entraide ordinaire destinée à aider les membres à financer de petits commerces ou micro-projets fait aujourd’hui parler d’elle pour de tristes raisons.

En effet, ce qui devait être une opportunité économique pour ses membres s’est transformé en cauchemar. Ces derniers espéraient récupérer leurs épargnes pour célébrer les fêtes de fin d’année, mais une disparition inattendue a tout chamboulé. Depuis le début du mois de septembre, le chef tontinier a disparu sans laisser de traces. Selon les informations, cette tontine, qui réunissait 120 membres, devait s’achever en août 2024. Chaque membre cotisait 3 000 F CFA tous les quatre jours, pour un montant total de 360 000 F CFA par cycle. Après prélèvement des frais de gestion de 8 000 F CFA, chaque participant recevait 352 000 F CFA à son tour. Une fin amère pour les participants Malheureusement, cette année, tout a mal tourné pour certains membres, dont notre interlocuteur, qui n’a pas pu recevoir son dû. En tout, 14 membres n’ont pas touché leur part avant la fin de la tontine. Parmi les 106 autres, certains n’ont perçu qu’une partie de leur cotisation et d’autres la totalité. Le chef tontinier, qui avait promis de rembourser les montants manquants, a disparu depuis près de deux mois, laissant ses adhérents dans une grande détresse. Un phénomène récurrent malgré les interdictions Les cotisations populaires, servant d’entraide entre membres ou « adogbè » au Bénin, constituent une solution de survie économique pour les populations les plus démunies, qui espèrent y trouver un moyen de financer de petits projets ou soit fêter dans de meilleures conditions en fin d’année. Cependant, elles comportent des risques majeurs, notamment les fuites ou disparitions de responsables tontiniers. Conscient de ce problème, le gouvernement béninois a interdit les collectes d’épargne illégales à travers l’arrêté interministériel n°538 du 4 mars 2022. Malgré cette interdiction, les populations des zones reculées continuent de s’adonner à ces pratiques, faute d’alternatives sécurisées.

 

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