Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a approuvé ce vendredi 7 février, l’ouverture d’une enquête sur les exactions commises dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), suite aux violences perpétrées par le groupe armé M23 avec le soutien du Rwanda.
Réuni en session extraordinaire, le Conseil des droits de l’Homme, composé de 47 États membres, a adopté la résolution présentée par la RDC sans vote. Le projet de résolution demande au M23 et au Rwanda « de mettre immédiatement fin » aux violences dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Il appelle à « l’établissement d’urgence » d’une mission d’enquête afin d’examiner les violations commises depuis janvier 2022, identifier les « auteurs de crimes » pour qu’ils puissent être jugés. Le gouvernement congolais, par la voix de son porte-parole Patrick Muyaya, a exigé que le Rwanda soit tenu pour responsable des atrocités commises. « Nous appelons ce Conseil à tenir le Rwanda responsable de ses crimes », a-t-il dit. De son côté, l’ambassadeur rwandais auprès de l’ONU à Genève, James Ngango, a rejeté en bloc ces accusations. « Nous nous opposons catégoriquement aux tentatives de la RDC de présenter le Rwanda comme responsable de son instabilité dans l’est de la RDC », a-t-il déclaré. « Depuis le 26 janvier, près de 3 000 personnes ont été tuées et 2 880 blessées. Les chiffres réels sont probablement beaucoup plus élevés », a-t-il indiqué Volker Türk. Il a exprimé ses préoccupations concernant la prolifération d’armes et le risque élevé de recrutement et de conscription forcée d’enfants. « Si rien n’est fait, le pire est peut-être encore à venir pour les habitants de l’Est, mais aussi au-delà de la RDC », alerte Volker Türk. Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé jeudi à un arrêt immédiat des combats. Alors que la communauté internationale s’inquiète du risque d’escalade de la violence dans la région, des pays comme l’Angola et le Kenya tentent de trouver une issue diplomatique à la crise. Kinshasa, de son côté, réclame des sanctions contre Kigali.















