Crise du détroit d’Ormuz : Ganiou Soglo alerte sur les risques économiques pour le Bénin et l’Afrique de l’Ouest

Face aux tensions géopolitiques opposant les États-Unis, Israël et l’Iran, l’économiste-financier et ancien ministre Béninois Ganiou Soglo, alerte sur les conséquences économiques que pourrait subir..

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Ganiou Soglo

Face aux tensions géopolitiques opposant les États-Unis, Israël et l’Iran, l’économiste-financier et ancien ministre Béninois Ganiou Soglo, alerte sur les conséquences économiques que pourrait subir l’Afrique de l’Ouest, notamment le Bénin. Dans une analyse consacrée à la crise du détroit d’Ormuz, il met en évidence les vulnérabilités structurelles du pays et plaide pour des réformes destinées à renforcer sa résilience énergétique, logistique et agricole.

Dans une analyse intitulée « Crise USA-Iran et blocage du détroit d’Ormuz : Quelles ondes de choc pour l’Afrique de l’Ouest et le Bénin ? » et postée sur sa page Facebook, l’économiste-financier et ancien ministre Béninois Ganiou Soglo a rappelé que l’escalade militaire au Moyen-Orient, bouleverse les équilibres énergétiques mondiaux. En effet, a-t-il souligné, après les frappes visant des infrastructures iraniennes, la suspension du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz par les autorités iraniennes a provoqué une paralysie partielle des échanges pétroliers internationaux. Le détroit d’Ormuz est un passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. Chaque jour, près d’un cinquième du pétrole mondial ainsi qu’une part importante du gaz naturel liquéfié y transitent. Selon l’ancien ministre, cette situation a entraîné une forte réduction de l’offre mondiale de pétrole, ce qui a provoqué une flambée des prix au-delà de 100 dollars le baril. Pour Ganiou Soglo, cette crise dépasse largement le cadre énergétique. Elle agit comme un « choc systémique » qui touche simultanément les secteurs du transport, du commerce et de l’agriculture, notamment à travers la hausse des coûts logistiques et des engrais agricoles. L’ancien ministre estime que les économies africaines, bien qu’importatrices limitées de pétrole du Golfe, restent fortement exposées aux fluctuations du marché mondial. « La formation des prix étant globalisée, même les pays peu dépendants physiquement du Golfe sont affectés », souligne-t-il. Le Bénin figure, selon l’ancien ministre, parmi les pays les plus vulnérables face à cette situation en raison de sa forte dépendance énergétique. Selon les données avancées dans cette contribution, entre 75 % et 90 % de l’électricité consommée dans le pays provient des importations, principalement du Nigeria et du Ghana. À cela s’ajoute la dépendance du pays aux produits pétroliers importés pour alimenter les centrales thermiques et assurer la mobilité des populations. Ganiou Soglo redoute ainsi une augmentation des coûts de production électrique, des risques de délestage ainsi qu’une forte pression sur les finances publiques et le pouvoir d’achat des ménages. L’ancien ministre attire également l’attention sur les conséquences potentielles pour la filière coton, considérée comme un pilier de l’économie béninoise. La hausse du prix des fertilisants et les perturbations logistiques pourraient affecter l’approvisionnement en engrais et entraîner une baisse des rendements agricoles. Ganiou Soglo plaide pour des mesures de résilience structurelle Face à ces risques, Ganiou Soglo plaide pour des mesures de résilience structurelle. Il propose notamment la mise en place de mécanismes de stabilisation des prix des carburants, le renforcement de la coopération énergétique régionale autour de la raffinerie Dangote au Nigeria, ainsi que la constitution de réserves stratégiques d’engrais et de produits énergétiques. L’économiste-financier appelle également à accélérer la transition énergétique au Bénin à travers des investissements massifs dans les énergies renouvelables, notamment les mini-centrales solaires adaptées aux zones rurales. Pour Ganiou Soglo, la crise du détroit d’Ormuz doit être perçue comme un signal d’alerte pour les pays africains. Il estime que le Bénin et l’Afrique de l’Ouest doivent désormais bâtir une véritable souveraineté énergétique et alimentaire afin de réduire leur dépendance aux marchés internationaux et mieux résister aux chocs géopolitiques mondiaux.

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