Course à la Marina : Les écrivains n’ont souvent pas de chance avec les Béninois

Le peuple béninois se prépare pour se rendre dans les urnes en avril prochain. Les tractations, les jeux politiques sont depuis quelques mois légion dans les chapelles politiques. Alors que les potentiels candidats usent de malice pour atteindre la Marina, un constat est évident. Depuis les années 90, aucun candidat aux élections présidentielles ayant publié…

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Le peuple béninois se prépare pour se rendre dans les urnes en avril prochain. Les tractations, les jeux politiques sont depuis quelques mois légion dans les chapelles politiques. Alors que les potentiels candidats usent de malice pour atteindre la Marina, un constat est évident. Depuis les années 90, aucun candidat aux élections présidentielles ayant publié un livre ne s’en est sorti victorieux. Il sera, au vu de ce point de vue, risqué pour un parti politique au Bénin de compter sur des chevaux, auteurs d’œuvre politico-littéraire.

Le peuple béninois se prépare à se rendre aux urnes en avril prochain. Les tractations, les jeux politiques sont depuis quelques mois légion dans les chapelles politiques. Alors que les potentiels candidats usent de malice pour atteindre la Marina, un constat est évident. Depuis les années 90, aucun candidat aux élections présidentielles ayant publié un livre ne s’en est sorti victorieux. Il sera, au regard de ce point de vue, risqué pour un parti politique au Bénin de compter sur des chevaux auteurs d’œuvres politico-littéraires. À quelques mois des prochains scrutins présidentiels, les noms des potentiels candidats se font connaître par regroupement politique. Si les candidats de la mouvance et de la FCBE sont déjà connus, ceux du parti de l’ancien président Boni Yayi ne le sont pas encore, ou ne sont pas encore communiqués aux populations. Alors que tous les regards sont tournés vers le choix de « Les Démocrates », une observation pointe à l’horizon. L’histoire va-t-elle bégayer ? La pratique est devenue courante de nos jours où, pour attirer l’attention du peuple à soi, puisqu’on est tenté par le pouvoir d’État, on se met à écrire un livre ou on se fait aider pour en publier un. Mais en conclusion, de mémoire de Béninois depuis le Renouveau démocratique, soit on est recalé par la Céna, soit on échoue lamentablement au terme du vote. De Nicéphore Soglo à Mathieu Kérékou en passant par Boni Yayi et Patrice Talon, ceux qui nous ont gouvernés depuis 90, aucun des quatre présidents du Bénin ne s’est prêté à ce jeu. Ce n’est donc pas aujourd’hui que l’habitude va changer. Publier un livre ne fait pas de son auteur le prochain président de la République. C’est un fait, c’est vrai, il est très loin des réalités politiques béninoises. L’habitude a la peau dure. Plusieurs noms de la scène politique béninoise ayant écrit des livres sont restés sur le carreau. Me Adrien Houngbédji avec plusieurs œuvres littéraires dont « La liberté au cœur » n’a pas pu le faire. Bruno Amoussou est resté coincé malgré son œuvre « L’Afrique est mon combat ». L’ancien ministre d’État de Boni Yayi, François Abiola, malgré son inspiration avec « Le Cheveu du pouvoir ». Et la liste n’est pas exhaustive. Alors, si ces barons de la vie politique béninoise sont restés loin des choix finaux des populations, ce ne sont pas les plus récentes publications de prétendants au « trône suprême » qui passeraient le veto du peuple béninois, observateur. Et qui dit récentes publications, cite « Renaître Ensemble » de Kamel Ouassagari, membre de « Les Démocrates ». Depuis quelque temps, son nom est cité parmi les potentiels candidats LD. L’homme a publié mercredi dernier seulement, ce livre, en cette période d’activités intenses dans la famille politique « Les Démocrates ». Ce qui laisse croire qu’il s’est inscrit dans le registre de ces potentiels candidats qui croient dur comme fer, qu’il suffit seulement de publier une œuvre littéraire à l’approche de la présidentielle pour s’attirer une popularité. L’opposition ferait mieux de considérer les statistiques qui sont en défaveur des candidats qui ont choisi de publier des livres comme stratégie de persuasion. De toute façon, ce n’est un secret pour personne que, pour gagner les élections au Bénin, il faut convaincre le peuple par des actes concrets et non lui faire lire des discours cachés dans des livres qui sont à peine lus et compris par une certaine classe minoritaire du peuple : les élites.

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