Coup d’État manqué au Bénin : Marie-Cécile Zinsou tacle Kemi Seba et recadre ses pairs de l’AES

Dans une lettre ouverte publiée ce mercredi, soit trois jours après la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, l’entrepreneure franco-béninoise Marie-Cécile Zinsou a..

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Dans une lettre ouverte publiée ce mercredi, soit trois jours après la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, l’entrepreneure franco-béninoise Marie-Cécile Zinsou a vertement taclé l’activiste panafricaniste Kemi Seba. Elle l’accuse d’avoir tenté d’attiser le chaos au Bénin et dénonce ce qu’elle considère comme une volonté d’instrumentaliser le peuple béninois pour servir des intérêts extérieurs, notamment ceux liés de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Souvent discrète face à l’actualité nationale, Marie-Cécile Zinsou est sortie de son mutisme pour réagir aux événements du dimanche 7 décembre, qui ont tenu en haleine l’ensemble du peuple béninois. Dans une lettre publiée sur sa page Facebook dans la soirée du mercredi 10 décembre 2025, la fille de l’ancien Premier ministre Lionel Zinsou est revenue sur les appels à la mobilisation lancés par Kemi Seba, alors que le pays faisait face à une tentative de déstabilisation menée par un groupuscule de militaires dirigé par le lieutenant-colonel Pascal Tigri. Dans sa lettre, la présidente de la Fondation Zinsou reproche à Kemi Seba d’avoir brandi « la haine et le désordre » et d’avoir voulu s’ériger en porte-voix du peuple béninois alors que, selon elle, aucun mandat démocratique ne lui confère une telle légitimité. Elle rappelle que les appels à la mobilisation lancés par l’activiste n’ont trouvé aucun écho dans les rues béninoises, malgré une campagne virale menée par ses soutiens depuis plusieurs capitales africaines et occidentales. Une agitation numérique qu’elle qualifie avec ironie de « nuage » dont le seul effet tangible aurait été « une bonne pluie lundi ». Pour l’entrepreneure, ce contraste illustre l’écart entre la présence numérique de Kemi Seba et son absence d’ancrage réel au sein de la population béninoise. La lettre va plus loin en dénonçant ce qu’elle qualifie de projet de « colonisation idéologique » visant à pousser le Bénin vers l’AES. Marie-Cécile Zinsou critique cette alliance, que Kemi Seba défend, et estime que les États qui la composent ne constituent pas le modèle de prospérité présenté par l’activiste. « 2026 marque 66 ans d’Indépendance ; l’année prochaine nous aurons donc été plus indépendants que colonisés, et vous voudriez nous coloniser à nouveau. Vous voudriez que nous nous soumettions à l’AES, vous voudriez nous imposer votre régime où, soi-disant, la richesse est partagée entre tous, où le peuple est heureux et la souveraineté populaire dicte l’action des gouvernements », peut-on lire dans la lettre. Elle évoque également le risque d’un retour à des dynamiques de domination, opposant ce qu’elle décrit comme le discours « bienveillant » du colon d’hier à celui du « libérateur » d’aujourd’hui, tous deux masquant, selon elle, des intérêts économiques. Pour elle, les Béninois n’accepteront « ni d’être colonisés ni d’être divisés » au profit de projets géopolitiques extérieurs, qu’elle associe aux intérêts liés aux ressources naturelles et aux infrastructures. Pour conclure, Marie-Cécile Zinsou appelle Kemi Seba à se retirer du débat national et à épargner aux Béninois les conséquences de ce qu’elle qualifie d’« irresponsabilité ». Elle affirme que les victimes des violences du 7 décembre, qu’elle décrit comme des « martyrs gratuits », doivent être respectées et non instrumentalisées.

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