Côte d’Ivoire : le PDCI-RDA invite Ouattara à la raison et sonne la mobilisation

En Côte d’Ivoire, la candidature d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat présidentiel divise. À peine annoncée ce mardi, que des voix s’élèvent pour dénoncer un..

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En Côte d’Ivoire, la candidature d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat présidentiel divise. À peine annoncée ce mardi, que des voix s’élèvent pour dénoncer un nouveau «coup de force majeure» contre la démocratie ivoirienne. Parmi celles-ci, le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire, Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA) de Tidjane Thiam.

Quelques heures après l’annonce de la candidature du président ivoirien, le PDCI a sorti un communiqué. Signé de son vice-président, Simon Doho. Le parti de l’opposition s’insurge contre ce qu’il qualifie de « nouvelle violation flagrante » de la Constitution ivoirienne. Le parti de Tidjane Thiam rappelle que l’article 55 de la Constitution ivoirienne limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Dès lors, toute tentative de reconduction au pouvoir après ce seuil serait «illégale», a-t-il indiqué, avant d’ajouter que l’annonce d’un quatrième mandat consacre un «nouveau passage en force ». Dans son communiqué, le PDCI-RDA fustige un climat politique tendu marqué, selon lui, par l’exclusion de plusieurs figures majeures de l’opposition dont son leader Tidjane Thiam, Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé. Il accuse, également, le gouvernement d’avoir verrouillé le débat politique en évitant tout dialogue national depuis 2024, préférant user de la répression à travers arrestations, enlèvements et intimidations. Face à ce qu’il qualifie de dérive, le parti du septuagénaire met en garde contre une crise politique majeure, susceptible de replonger le pays dans ses sombres heures. Il appelle, en outre, les citoyens ivoiriens à se mobiliser de façon pacifique pour défendre la Constitution. Par ailleurs, le PDCI lance un appel solennel au Conseil constitutionnel ainsi qu’aux partenaires internationaux notamment les Nations Unies, l’Union africaine, la CEDEAO et l’Union européenne afin qu’ils prennent leurs responsabilités pour éviter une escalade de la crise en Côte d’Ivoire et dans toute la sous-région. Il exhorte, pour finir, le président Ouattara à faire preuve d’un « devoir historique » en renonçant à cette ambition jugée « autocratique » pour offrir aux Ivoiriens une nouvelle espérance, fondée sur la démocratie, le progrès et la justice sociale. Pour justifier sa candidature à un quatrième mandat, le président Ouattara, au pouvoir depuis 2011, met en exergue la situation sécuritaire, les défis économiques et autres impératifs de stabilité. Des «arguments éculés», selon l’opposition qui rappelle que ce sont ces mêmes raisons que le président Ouattara avait invoqué en 2020, pour justifier un troisième mandat inconstitutionnel.

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