L’ancien commandant de la cellule antidrogue du port autonome d’Abidjan, Armand Agnin Angbonon, son frère et un autre officier de gendarmerie, ainsi qu’un de leurs indicateurs, ont été condamnés, mercredi 5 mars, à cinq ans de prison ferme, au terme d’un procès à huis clos ouvert en novembre 2024.
Trois officiers de la gendarmerie en Côte d’Ivoire sont condamnés à cinq ans de prison après un procès qui a duré plusieurs mois. Ils ont été jugés coupables d’avoir détourné au moins dix sacs de cocaïne, soit environ 220 kg, sur une saisie de 1,56 tonne de drogue effectuée en février 2021. Ils sont poursuivis, pour avoir détourné, de la cocaïne arraisonnée alors qu’ils sont les figures de la lutte antidrogue. Leur condamnation en effet est un gros coup dur pour la lutte contre le narcotrafic en Côte d’Ivoire. L’affaire a éclaté en 2022 où un suspect arrêté avec de la cocaïne, accuse à son tour, des gendarmes d’avoir détourné une partie de la marchandise au cours de l’interrogatoire. L’enquête ouverte, remonte à trois hauts gradés à savoir : le commandant Amangnangnon Abonon, chef de la cellule antidrogue du Port autonome d’Abidjan ; le lieutenant-colonel Jean-Claude Abonon de la Légion de Bouaké ; son frère aîné, est aussi impliqué et le capitaine Jesson Biricha, chef de la cellule drogue de la gendarmerie, fait aussi partie des accusés. Au cours de l’enquête, tous ils reconnaissent les faits mais six sous-officiers, poursuivis pour complicité, sont relâchés après deux ans de détention. Les six autres gendarmes poursuivis dans ce dossier ont été acquittés. « Ils ont juste été chargés de remettre la drogue que leur a confiée Armand Agnin Angbonon à son grand frère, Jean-Claude – un colonel de gendarmerie à la retraite, indique Jean Serge Gbougnon, leur avocat. Ils ont obéi sans se méfier. Pour eux, ça faisait partie de l’opération. » Les officiers condamnés les avaient accusés d’avoir perçu de l’argent sur la vente de la drogue, mais cette somme serait en fait une prime officielle de 125 000 francs CFA (190 euros) pour les féliciter de la saisie, explique leur avocat, qui regrette « qu’ils aient passé deux ans en détention pour rien ». « En Côte d’Ivoire, plus de deux tonnes de cocaïne ont été saisies en 2022 ». « Selon les experts, ces prises restent insignifiantes comparées aux volumes qui transitent par le pays et la région », selon leur avocat, maître Serge Gouon, qui dénonce une injustice. Au-delà, leur arrestation révèle des failles d’un système face aux cartels internationaux, et ce, dans un pays comme la Côte d’Ivoire, désormais considérée comme plaque tournante de la drogue.















