CEDEAO : des doutes sur le respect du calendrier de lancement de l’ECO

L’échéance se rapproche, mais le cap reste flou. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest pourrait ne pas tenir son calendrier pour la mise en circulation de la monnaie unique, l’ECO, prévue en 2027. Le constat a été fait lors des dernières réunions techniques et politiques de l’organisation. Le dimanche 19 juillet 2026,…

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La CEDEAO

L’échéance se rapproche, mais le cap reste flou. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest pourrait ne pas tenir son calendrier pour la mise en circulation de la monnaie unique, l’ECO, prévue en 2027. Le constat a été fait lors des dernières réunions techniques et politiques de l’organisation.

Le dimanche 19 juillet 2026, à Freetown, lors du 69ᵉ sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement, la Conférence avait pourtant réitéré son « ferme engagement » pour un lancement en 2027. L’ECO était alors présentée comme un instrument clé pour approfondir l’intégration économique régionale et soutenir une croissance durable, résiliente et inclusive.

Pour y arriver, les dirigeants avaient retenu un principe : le lancement commencera avec les pays qui remplissent les critères de convergence et qui sont prêts. Un appui devait dans le même temps être apporté à ceux qui ne le sont pas encore, afin de faciliter leur adhésion ultérieure.

Dans le but d’évaluer l’avancée du dossier, la Commission de la CEDEAO a convoqué le 7 septembre 2026 la 14ᵉ session du Conseil de Convergence par vidéoconférence. Cette rencontre faisait suite à deux autres réunions importantes : la 68ᵉ réunion du Comité central des banques des Etats membres, tenue le 4 septembre 2026, et la 3ᵉ réunion conjointe du Comité technique pour les politiques économiques de la Commission et du Comité technique pour les affaires économiques et monétaires de l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest, WAMA, du 31 août au 2 septembre 2026.

L’objectif de ces travaux était d’analyser les performances économiques des Etats membres et de mesurer leur degré de convergence. Au terme des échanges, le constat est sans appel : l’objectif de lancement de l’ECO en 2027 « reste inachevé ».

Face à ce blocage, le Conseil a demandé à la Commission de convoquer immédiatement le Groupe de travail du Président. La mission de ce groupe est d’accélérer le processus et de lever les verrous qui freinent l’avancée du projet.

Rappelons que dans le cadre de la mise en service officielle de cette monnaie, « des consultations de haut niveau » avaient été engagées avec les Gouverneurs des Banques centrales des Etats membres. Le but est de dégager un consensus sur les questions techniques et politiques encore en suspens, indispensables à l’introduction effective de la monnaie unique en 2027.

Ces démarches ont ainsi conduit à l’enregistrement de la marque « ECO » auprès de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI). Une avancée dont la Conférence des Chefs d’Etat s’était félicitée, se disant déterminée à aller jusqu’au bout.

Un contexte régional peu favorable

Le projet de monnaie unique doit composer avec un contexte institutionnel moins favorable qu’auparavant. La CEDEAO compte désormais 12 pays membres.

En janvier 2025, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont officiellement quitté l’organisation. Les trois pays, dirigés par des régimes militaires, ont justifié leur retrait par le désaccord avec les sanctions et les pressions de la CEDEAO pour un retour à l’ordre constitutionnel. Ils accusent également l’institution d’être instrumentalisée par des puissances occidentales.

Avec ce retrait, la CEDEAO est aujourd’hui composée du Bénin, du Cap-Vert, de la Côte d’Ivoire, de la Gambie, du Ghana, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, du Libéria, du Nigéria, du Sénégal, de la Sierra Leone et du Togo.

Le principe d’un lancement à géométrie variable, avec d’abord les pays « prêts », devait permettre de ne pas retarder indéfiniment le projet. Mais l’évaluation de septembre montre que même ce scénario est menacé. Les critères de convergence macroéconomique, notamment sur l’inflation, le déficit budgétaire et la dette, ne sont pas encore atteints par l’ensemble des Etats.

Sans une accélération rapide, le risque est grand de voir l’échéance de 2027 passer sans qu’un seul billet d’ECO ne circule. Le Conseil de Convergence l’a reconnu en qualifiant l’objectif d’« inachevé ».

Désormais, tout repose sur la capacité de la Commission et du Groupe de travail du Président à produire des résultats concrets dans les prochains mois. Faute de quoi, l’ECO pourrait devenir une fois de plus une promesse repoussée, au détriment de l’intégration monétaire ouest-africaine.

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