Mahamadou Bonkoungou, l’un des hommes d’affaires les plus influents du Burkina Faso, se retrouve aujourd’hui éloigné du cercle du pouvoir. Ancien soutien majeur de la junte militaire dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré, Bonkoungou serait désormais soupçonné de surfacturation dans un contrat de fourniture de drones.
Le fondateur du groupe de BTP Ebomaf, résident de Lomé, n’a pas remis les pieds au Burkina Faso depuis environ huit mois, invoquant des préoccupations de sécurité. Après le coup d’État de septembre 2022, il s’était affirmé comme un partenaire de choix pour le capitaine Traoré, facilitant l’achat de drones militaires turcs en vue de renforcer la sécurité nationale. Grâce à sa banque, l’International Business Bank (IB Bank), il avait rendu possible l’acquisition de plusieurs drones TB2 et Akinci, l’opération étant garantie par une caution souveraine de 410 millions de dollars de l’État burkinabè couvrant la totalité du contrat. Si cette transaction fut bien accueillie au départ, elle est désormais réévaluée. Selon Africa Intelligence, les conseillers du président Traoré jugent aujourd’hui que le prix des drones aurait été surévalué par rapport à leur valeur réelle. Bonkoungou aurait justifié le coût par des frais annexes incontournables (frais de virement, taux d’intérêt, etc.). Ce malaise aurait été amplifié par d’autres hommes d’affaires influents, qui y ont vu l’opportunité d’écarter un concurrent redoutable. Lire aussi: [Burkina Faso : le Parlement restaure la devise historique de Thomas Sankara ))>https://www.linvestigateur.info/?Burkina-Faso-le-Parlement-restaure-la-devise-historique-de-Thomas-Sankara&var_mode=calcul] En outre, l’arrestation en janvier 2024 de son directeur de cabinet, Prosper Bassolé, pour complot présumé contre Ibrahim Traoré, ainsi que les relations de Bonkoungou avec des figures comme Alassane Ouattara, ont accentué la méfiance de la junte. Bonkoungou est également suspecté de maintenir des liens avec l’ancien chef de l’État, le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba, exilé à Lomé, ainsi qu’avec plusieurs proches de l’ancien président Roch Marc Christian Kaboré, notamment Alpha Barry, ancien ministre des Affaires étrangères. Plus récemment, Raphaël Kambou, son gendre et patron de l’International Business Bank, a été interpellé par les services de sécurité, accentuant les inquiétudes de Bonkoungou face à cette dégradation progressive de ses relations avec la junte.















