Burkina Faso : 08 membres d’une ONG dont un malien et 04 burkinabè arrêtés pour soupçon d’espionnage

Les membres d’une Organisation Non Gouvernementale Internationale ont récemment été arrêtés au Burkina Faso. Ces derniers sont soupçonnés d’espionnage. Les autorités burkinabè ont annoncé l’arrestation de huit personnes accusées d’espionnage, dont un Malien et quatre Burkinabè. Tous seraient membres de l’ONG International NGO Safety Organisation (Inso), spécialisée dans la collecte d’informations à des fins de…

2 minutes

Temps de lecture

Les membres d’une Organisation Non Gouvernementale Internationale ont récemment été arrêtés au Burkina Faso. Ces derniers sont soupçonnés d’espionnage.

Les autorités burkinabè ont annoncé l’arrestation de huit personnes accusées d’espionnage, dont un Malien et quatre Burkinabè. Tous seraient membres de l’ONG International NGO Safety Organisation (Inso), spécialisée dans la collecte d’informations à des fins de sécurité humanitaire. L’organisation, suspendue depuis fin juillet 2025, aurait néanmoins poursuivi ses activités sur le territoire national, selon le gouvernement. Parmi les personnes interpellées figurent Jean-Christophe Pégon, directeur d’Inso au Burkina Faso et de nationalité française, Aminata Marianne Guisse, directrice adjointe franco-sénégalaise, le directeur des programmes (de nationalité tchèque), un Malien et quatre Burkinabè. Ils seront présentés au Procureur du Faso pour espionnage et trahison, conformément à l’article 311-4 du Code pénal burkinabè. D’après le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, les enquêtes ont révélé que l’ONG « collectait régulièrement des informations sur les zones d’opération et les interventions des forces de défense et de sécurité ». Toujours selon lui, Inso enregistrait avec précision les coordonnées GPS des accrochages entre les FDS et les groupes armés, ainsi que les positions d’engins explosifs improvisés (EEI), avant de dresser des bilans de victimes après chaque attaque. Le ministre a ajouté que ces activités étaient menées sous couvert d’un travail humanitaire, mais qu’elles servaient aussi à alimenter des rapports destinés à des partenaires financiers étrangers. Il a par ailleurs dénoncé la violation de la mesure de suspension prononcée contre l’ONG, soulignant que certains responsables avaient continué à organiser des réunions, physiques ou en ligne, et à collecter des données malgré l’interdiction. Dans un communiqué, Inso a rejeté en bloc les accusations portées contre ses responsables, qu’elle juge « injustement interpellés ». L’organisation affirme que son mandat se limite à renforcer la sécurité humanitaire et qu’elle n’exerce aucune activité de renseignement. « Nous rejetons catégoriquement les allégations concernant nos activités au Burkina Faso et restons déterminés à obtenir la libération de tous nos collègues », a indiqué l’ONG. Ce n’est pas la première fois que le Burkina Faso interpelle des ressortissants étrangers pour des faits présumés d’espionnage. En décembre 2023, des agents français de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) avaient été arrêtés à Ouagadougou pour des accusations similaires. En 2024, un ex-légionnaire français, employé comme conseiller en sécurité pour une entreprise minière australienne, avait lui aussi été interpellé. D’autres arrestations ont également visé des agents ivoiriens, dans un contexte de renforcement du contrôle des activités étrangères sur le sol burkinabè.

Documents joints

À propos de l'auteur