Depuis janvier 2024, un comité éditorial composé de membres issus de la présidence et de trois ministères exerce un droit de contrôle sur les informations diffusées par la télévision publique béninoise. Les reportages destinés au journal télévisé doivent être envoyés pour validation, et certains sujets sont systématiquement écartés. Cette situation, dénoncée par Reporters Sans Frontières (RSF) dans un récent article, porte atteinte à l’indépendance éditoriale des médias publics.
La Société de Radio et de Télévision du Bénin (SRTB), anciennement ORTB, est au centre de la controverse. Outre les mauvaises conditions de travail signalées fin octobre par le syndicat des travailleurs de l’audiovisuel, un contrôle éditorial imposé par un comité exclusivement composé de représentants gouvernementaux est désormais effectif. « Tous les reportages à diffuser lors du journal télévisé de 20 heures sont systématiquement envoyés au palais de la République pour visionnage et validation. Certains sujets peuvent être écartés », a déclaré un employé de la SRTB à RSF. RSF dénonce un manque criant d’indépendance éditoriale et une ingérence sans précédent dans les contenus des médias publics. Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF, a appelé les autorités à revoir la composition et les pouvoirs de ce comité : « Transformée en média d’État, la télévision publique ne saurait offrir aux Béninois une couverture plurielle à même de les informer avec fiabilité et honnêteté sur les sujets d’intérêt général. », selon l’ONG. Georges Amlon, ancien directeur général de l’ORTB, a également exprimé ses préoccupations : « On n’avait jamais vu une telle situation, même pendant le régime révolutionnaire. » Selon Wenceslas Mahoussi, enseignant et spécialiste en communication, cette organisation va à l’encontre des dispositions de la loi n° 2015-07 du 20 mars 2015, portant Code de l’information et de la communication au Bénin. L’article 5 définit les médias de service public comme des outils étatiques indépendants, garantis par l’État et la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC). Cependant, la mise en place d’un comité éditorial exclusivement gouvernemental s’éloigne de cet idéal. Pour RSF et de nombreux acteurs du secteur, cette situation représente une menace pour la démocratie et le pluralisme de l’information au Bénin.Bénin : Reporters Sans Frontières dénonce une situation à la SRTB et alerte
Depuis janvier 2024, un comité éditorial composé de membres issus de la présidence et de trois ministères exerce un droit de contrôle sur les informations..
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