Bénin : le message du Président Patrice Talon aux exilés et personnalités politiques en prison

Conformément à la Constitution, le président Patrice Talon a livré un message sur l’état de la Nation ce mardi. Dans son discours, devant la représentation..

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Patrice Talon, Président de la République du Bénin

Conformément à la Constitution, le président Patrice Talon a livré un message sur l’état de la Nation ce mardi. Dans son discours, devant la représentation nationale, le chef de l’Etat a appelé à la responsabilité collective et à l’unité. Il n’a pas ouvertement abordé la question d’un possible retour des exilés et la libération des personnalités politiques mais à mots couverts, le précurseur du Nouveau Départ, s’est adressé à eux.

Conformément aux dispositions de l’article 72 de la loi N°2025-20 du 17 décembre 2025 modifiant et complétant la loi N°90-32 du 11 décembre 1990 portant constitution de la République du Bénin, telle que révisée par la loi N°2019-40 du 07 novembre 2019, le Chef de l’Etat s’est rendu au parlement pour son discours sur l’état de la Nation ce mardi. Occasion pour lui, d’appeler à l’unité et à transcender les fractures pour un réel développement du Bénin. En effet, devant les députés , Patrice Talon a dressé le bilan des dix années de gouvernance, marquées selon lui par une profonde transformation du Bénin. Il a reconnu qu’il y a eu des écueils dressés sur le chemin dans la mise en route de certaines réformes majeures dont celle du système partisan. Cependant, il a insisté sur la nécessité d’aller au fond de cette réforme afin de mettre définitivement le pays à l’abri de ses travers politiques. Dans son discours, Patrice Talon a par ailleurs affirmé que le Bénin n’est plus un pays qui fait honte à ses enfants, mais une nation qui inspire fierté et espoir, tout en revendiquant un modèle de développement propre, sans imitation extérieure aucune. Très optimiste, AGBONNON souhaite que « chacun accepte donc de venir boucher de ses doigts, les trous de la jarre trouée afin qu’elle abonde de richesses pour nos enfants et petits-enfants », d’où l’effort collectif, indispensable au développement du pays. Et la place des exilés et personnalité politiques en prison ? Dans un message rassurant, où le Chef de l’Etat place-t-il les exilés et personnalités politiques en prison? La question taraude les esprits en ce sens que même dans le rang de la mouvance, une frange d’acteurs réclame, à voix basse, le retour au pays de ceux qui sont en exil d’une part, et la libération des personnalités politiques en prison d’autre part. En effet, sans évoquer explicitement la question des exilés ou des détenus dits « politiques », Patrice Talon a néanmoins adressé un message à ceux qu’il estime encore attachés à un passé révolu, et qui éprouvent de la peine à s’inscrire dans la dynamique actuelle. Il leur demande de s’accrocher à la dynamique du développement pour et pour y arriver si c’est le cas, d’enterrer les rancœurs. Une déclaration interprétée par certains observateurs comme un signal d’ouverture vu que le contexte demeure saisissant dans une atmosphère délétère. Sans trahir un secret, cet appel du président de la République, à l’endroit de ceux qui ne partagent pas sa vision et plus particulièrement, les exilés ou personnalités politique en prison, épouse les récentes déclarations de Me Adrien Houngbédji. L’ancien président de l’Assemblée nationale, soutient de Romuald Wadagni, candidat de la mouvance à la présidentielle d’avril 2026, a appelé, le 2 février 2025, à une décrispation du climat politique. Au regard de ses expériences portées par ses 83 bougies, l’ancien Premier ministre a plaidé pour le retour des exilés et la libération des personnalités politiques en prison. « Ma conviction forte est qu’il faut sortir les prisonniers, ceux qui sont en exil, il faut qu’ils reviennent. J’en appelle à ce que nous nous retrouvions sous l’arbre à palabre. C’est comme ça que nous avons réussi la conférence », avait déclaré Me Adrien Houngbédji. Pour lui, seule une démarche inclusive, comparable à l’esprit de la Conférence nationale, permettra de restaurer la confiance et la cohésion nationale. Si le message présidentiel n’annonce aucune mesure concrète en faveur d’une décrispation politique, l’appel à l’unité et à la responsabilité collective relance le débat sur la tenue d’un dialogue national, gage de décrispation de la tension.

 

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