Au Bénin, le parti d’opposition Les Démocrates (LD) se prépare activement pour les élections générales de 2026. L’un des derniers actes de cette préparation est la séance d’échange et d’information qu’il a eue, dimanche 18 mai 2025 à son siège sis à Fifadji, avec les professionnels des médias et influenceurs.
C’est l’honorable Joël Godonou qui a ouvert le bal des discussions avec la trentaine de journalistes présents à cette rencontre. Dans ses propos liminaires, le député et Vice-président du parti d’opposition a salué le rôle combien important que les hommes de presse jouent dans la société et pour lequel ils n’ont pas souvent la «récompense». Il sera, dans la foulée, soutenu par le 4e Vice-président du parti, Alassane Tigré, qui constate à son tour que les conditions de vie et de travail des journalistes au Bénin sont «extrêmement difficiles» comme c’est aussi le cas actuellement pour l’ensemble des travailleurs béninois. Face à cette «précarité, indignité, et déchéance humaine, nous ne pouvons pas permettre cela en tant qu’acteurs politiques», déclare d’office le Premier Vice-président du parti d’opposition, Éric Houndété, qui situe aussitôt l’objectif de la rencontre. À travers cette discussion, «avec vous aujourd’hui, nous voulons qu’ensemble nous créons des conditions pour que nous puissions ensemble partager le défi qui est le nôtre». En clair : «Nous avons besoin de vous pour aller à l’assaut des électeurs en 2026», lâche-t-il. Le code électoral, passé au scanner Le clou de la séance d’échange et d’information d’hier avec les hauts responsables de la Coordination nationale du parti Les Démocrates est sans aucun doute, l’exposé du Secrétaire National à la Communication du parti, Dr Guy Dossou Mitokpè, sur le code électoral. Source de division et de conflit au sein de la classe politique depuis son adoption par le parlement, le document a été de nouveau passé au scanner par le porte-parole du parti. Dans sa prise de parole qui a duré une trentaine de minutes, Guy Mitokpè a fait un diagnostic clair et limpide du code suivi de propositions de solutions concrètes. Il est notamment revenu sur les dispositions des articles 17, 41, 66, 132, 146 nouveaux du code électoral modifié. Parlant de l’article 41 et s’appuyant sur les expériences du passé, il a démontré de A à Z comment le quitus fiscal au Bénin, participe à l’élimination des candidats sérieux. S’agissant de l’article 146 nouveau du code, qui fixe à 20% des suffrages exprimés dans chaque circonscription électorale, le taux d’éligibilité à l’attribution des sièges, Dr Mitokpè pense que c’est un «outil de verrouillage visant à favoriser les partis de la mouvance présidentielle». Dans ce contexte, «Si nous faisons un accord de coalition avec la FCBE, nous deux nous tombons», a-t-il déclaré. Il a, par ailleurs, suggéré que le taux de parrainage soit ramené à 5 %, au lieu des 15% fixé par la loi, affirmant que le Bénin est le seul pays au monde où le taux de parrainage à une élection est aussi élevé. Révolution électorale Au regard de ces explications, Nourénou Atchadé, Président du groupe parlementaire Les Démocrates et deuxième Vice-président du parti déclare qu’il faut «nécessairement revoir le code électoral». Dans tous les cas, «Nous nous mobilisons pour pousser l’adversaire dans son propre piège. Nous allons surveiller le suffrage du début jusqu’à la fin et la vérité des urnes va s’imposer. Le parti Les Démocrates ne se laissera pas faire cette fois-ci. Le piège des 20 %, il vont tomber dedans», avertit le député Éric Houndété qui appelle à une «révolution électorale» en 2026. Cette rencontre qui intervient à moins d’un an des élections générales de 2026, a pris fin aux environs de 21 heures.












