Bénin : l’ordre des avocats critique la sévérité des peines de la Criet

Les lourdes peines prononcées par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) préoccupent Me Angelo Hounkpatin. Lors de la première rentrée judiciaire solennelle de l’année, tenue le mercredi 9 octobre 2024 à Cotonou, le Bâtonnier de l’ordre des avocats du Bénin a soulevé ce problème. Me Angelo Hounkpatin estime que les…

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Les lourdes peines prononcées par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) préoccupent Me Angelo Hounkpatin. Lors de la première rentrée judiciaire solennelle de l’année, tenue le mercredi 9 octobre 2024 à Cotonou, le Bâtonnier de l’ordre des avocats du Bénin a soulevé ce problème.

Me Angelo Hounkpatin estime que les peines d’emprisonnement souvent prononcées par la Criet sont excessivement sévères. Lors de son intervention, l’avocat a exprimé ses critiques à l’égard de cette juridiction spéciale. Sans détour, il a fait savoir que, dans sa quête de justice, la Criet a instauré un climat de terreur au sein des citoyens. « Bien qu’elle ait bénéficié de la spécialisation qui lui a été conférée, la Criet souffre aujourd’hui de sa propre avidité, car sa compétence matérielle s’est considérablement étendue depuis sa création », a déclaré Angelo Hounkpatin. Lire aussi: [Bénin: 5 ans de prison requis contre un jeune pour escroquerie sous couvert de la franc-maçonnerie))>https://www.linvestigateur.info/?Benin-5-ans-de-prison-requis-contre-un-jeune-pour-escroquerie-sous-couvert-de&var_mode=calcul] Il poursuit en affirmant que la Criet a, « au risque de son impopularité, rompu avec la terminologie habituelle des juridictions de droit commun, en adoptant une sévérité pénale dans une perspective de dissuasion ». Face à ce constat, le Bâtonnier plaide pour une modération dans l’application des peines d’emprisonnement à la Criet. Selon lui, « les remèdes draconiens ne sont pas toujours les plus efficaces pour guérir le mal », d’autant plus « lorsque l’ignorance s’en mêle et que certains paramètres échappent à la compréhension ». Pour conclure, Me Angelo Hounkpatin recommande une formation de qualité pour les magistrats et les avocats afin « d’élever le niveau des débats judiciaires lors des procès devant la Criet ». De plus, « il est nécessaire que tous les acteurs de la Criet s’approprient le nouveau droit pénal, afin d’en maîtriser les subtilités et les nuances, gage d’une justice de qualité », a-t-il conclu, selon des propos rapportés par Libre Express.

 

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