Bénin : après leur renvoi, d’anciens séminaristes catholiques trouvent une nouvelle vocation dans d’autres églises

Au Bénin, plusieurs séminaristes sont renvoyés des séminaires catholiques pour divers motifs. Si certains acceptent leur sort, d’autres, se sentant abandonnés par l’Église catholique, finissent..

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Au Bénin, plusieurs séminaristes sont renvoyés des séminaires catholiques pour divers motifs. Si certains acceptent leur sort, d’autres, se sentant abandonnés par l’Église catholique, finissent par trouver une nouvelle voie dans d’autres confessions religieuses.

C’est le cas de plusieurs anciens séminaristes qui sont devenus prêtres dans d’autres églises, poursuivant ainsi leur vocation sacerdotale. Wilfried Sossouhounto, aujourd’hui prêtre de l’Église catholique apostolique brésilienne, est l’un de ceux qui ont fait cette transition. Renvoyé du séminaire en 2006 alors qu’il était en deuxième année de théologie, il se souvient du choc que cette décision a provoqué chez lui et sa famille. « Ma mère passait la nuit devant la chapelle de l’évêché pour supplier l’évêque en ma faveur. Elle s’est vraiment battue pour moi », raconte-t-il à La Croix Internationale. Malgré les efforts de sa mère, l’évêque a maintenu sa décision, évoquant des « soupçons et du flou » dans sa lettre, et Wilfried a quitté le séminaire « sans prendre un seul bagage ». Achille Soton, un autre ancien séminariste, a été ordonné prêtre dans l’Église orthodoxe d’Antioche. Ancien diacre de l’Église catholique, il a été renvoyé de l’état clérical seulement deux mois après son ordination. Bien qu’il reconnaisse être « en partie responsable de ce qui est arrivé », il accuse aussi la « jalousie de condisciples » de la pastorale qu’il menait dans les paroisses environnantes du séminaire. « Je me suis retrouvé à zéro. Un jour, j’ai failli me suicider », confie-t-il. Hémas (nom d’emprunt), un autre ancien séminariste, a choisi une voie différente tout en restant au sein de l’Église catholique. « Mon renvoi a été favorisé par la manière dont mon directeur spirituel a géré un incident qu’il a rapporté au conseil du séminaire ». Il estime que c’était « une banale histoire ». Après plusieurs expériences d’enseignement dans des collèges catholiques, cet ancien séminariste de troisième année a créé sa propre entreprise. Ces anciens séminaristes estiment que l’Église devrait améliorer la gestion des renvois. Une réorientation des séminaristes Le père Ambroise Kinhoun, ancien recteur de séminaire, apporte une nuance à la situation. Selon lui, il ne s’agit pas de « renvoi » mais plutôt de « réorientation », une démarche qui permet au séminariste, dans certains cas, de postuler à nouveau pour reprendre sa formation. Il précise que la réorientation est une décision prise par l’évêque, motivée par « un manque sérieux dans l’une ou l’autre » des quatre dimensions de la formation sacerdotale : « humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale ». Malgré cela, le père Kinhoun souligne que, comme « l’Église est Mère », « qu’un seul de ses fils, à tort ou à raison, se plaigne de s’être senti abandonné par elle, reste une interpellation importante ». Dans le diocèse de Cotonou, des initiatives existent pour soutenir les séminaristes réorientés. Le père Guillaume Oussou-Kicho, aumônier des vocations, explique qu’il mène une pastorale spécifique pour ces jeunes. « La plupart veulent retourner au séminaire. Nous les aidons quand c’est possible », confie-t-il. Sur recommandation de l’aumônerie, d’autres sont recrutés dans des structures du diocèse, telles que les collèges catholiques.