Au Bénin, le Conseil supérieur de mise en œuvre (CSMO) de l’Eglise du Christianisme Céleste (ECC) vient d’essuyer un premier revers, avec le rejet des recommandations du Conseil supérieur de transition de Bertin BADA. C’est à l’occasion de la session extraordinaire organisée le jeudi 11 juin 2026 à Lagos.
Les hauts dignitaires de l’Eglise du Christianisme Céleste ont tenu, jeudi 11 juin 2026, une réunion extraordinaire à la Cathédrale Saint S.B.J Oschoffa de Ketu, à Lagos dans l’Etat du Nigeria. C’est dans le cadre du processus de réunification en cours en depuis 2024.
La rencontre, présidée par Son Éminence le Révérend E.M.F Bilehou Oschoffa, Pasteur et Chef Spirituel mondial de l’Église, a mobilisé l’ensemble des acteurs de l’église dont les chefs de diocèses, de régions, de provinces, de districts et de zones du monde. A l’occasion, les responsables religieux ont, à travers une résolution commune, rejeté en bloc les orientations du Conseil supérieur de mise en œuvre, et soulèvent des inquiétudes liées au non-respect des fondements dogmatiques de l’institution.
En effet, l’inquiétude des dirigeants spirituels est liée à deux réformes clés proposées par le comité d’unification, dirigé par Bertin Bada : la révision de la constitution de l’église et la délocalisation du pèlerinage annuel à Porto-Novo.
Sur le premier point, le changement de constitution, les chefs spirituels réaffirment leur attachement « catégorique » à la Constitution historique de l’Église, communément appelée le « Livre bleu ». Ce texte sacré, légué par le fondateur, le Prophète Pasteur Saint Samuel Bilewu Joseph Oschoffa, reste selon eux l’unique boussole doctrinale. Ils déclarent ne « souscrire en aucun cas » à la rédaction d’un nouveau texte constitutionnel pour l’Église mondiale.
Les signataires s’opposent fermement, par ailleurs, à toute modification de la géographie spirituelle de l’ECC. La proposition du CSMO visant à déplacer la grande convocation annuelle de décembre d’Imeko (Nigeria) vers Ajase/Porto-Novo (Bénin) a été déclarée « nulle et de nul effet ».
Pour appuyer leur position, les dignitaires invoquent l’article 9 de la Constitution bleue ainsi qu’une déclaration publique du fondateur datée du 15 octobre 1985 (appuyée par des archives vidéo d’octobre 1983). Selon ces dispositions, le siège mondial de l’Église ainsi que son pèlerinage universel doivent impérativement demeurer ancrés à Imeko, dans l’État d’Ogun au Nigeria.
Pour finir, les religieux ont réaffirmé leur loyauté ainsi que leur soutien indéfectible envers le Révérend Emmanuel Mobiyina Friday Bilehou Oschoffa. Ils ont promis de faire bloc et de « résister à toute tentative d’éléments sans scrupules, motivés par des motifs égoïstes, d’infiltrer, de diviser et de déstabiliser l’Église », selon les informations rapportées par Matin Libre.
Contexte
Créée le 29 septembre 1947 au Bénin, l’Église du christianisme céleste a, depuis la mort de son fondateur, le prophète Oshoffa, été en proie, des dizaines d’années durant, à des incompréhensions, des rivalités et des crises de gouvernance. Elle s’est donc retrouvée avec plusieurs courants et sans autorités consensuelles, laissant les fidèles d’Afrique et du monde dans la confusion et la souffrance.
Face à cette situation, l’ancien Président de la république Patrice Talon a pris l’initiative de réunir le Révérend Pasteur Benoît Adeogoun, le Révérend Pasteur Friday Oshoffa et les dignitaires de l’église pour écrire une page nouvelle, celle de la réunification et de l’instauration d’autorités consensuelles. Les échanges vont ainsi conduire à la mise en place d’un Conseil supérieur de transition (CST), dont Bertin Bada en sera le Coordonnateur.
Sa mission : restructurer l’église, restaurer l’harmonie entre ses différentes branches, préparer l’organisation démocratique d’une gouvernance durable et légitime, moderniser les textes fondamentaux. Ceci, tout en veillant au respect des valeurs originelles léguées par le prophète fondateur, le Révérend pasteur Samuel Biléhou Joseph Oshoffa.
Après douze mois de travaux, le CST a transmis son rapport final à l’ancien Chef d’Etat Patrice Talon. L’une des résolutions majeures contenues dans ce document est l’installation d’un Conseil supérieur de mise en œuvre (CSMO) des recommandations. Parmi les recommandations du CST figuraient le changement de la constitution et la délocalisation du lieu de pèlerinage.
Avant son départ du pouvoir, le 24 mai 2026, Patrice Talon a nommé, par décret en date du 13 mai 2026, les 34 membres de ce Conseil dont le rôle sera de travailler à la mise en place des organes supérieurs unifiés de l’Eglise.















