Plus de deux ans après l’ouverture du procès de l’affaire du jeune homme Fayçal Samba Gani Ouorou, décédé en 2024 à la suite de bavure policière à Parakou, la justice béninoise a dit le droit. Ce lundi 27 avril 2026, le tribunal de première instance de Parakou a prononcé diverses peines d’emprisonnement contre six policiers.
La justice béninoise ne tolère plus les actes de bavures policières. Lundi 27 avril 2026, six policiers et ont été condamnés par le tribunal de première instance de Parakou à des peines d’emprisonnement allant de 2 mois à 7 ans. À cela, s’ajoute une amende collective de cinq millions de francs CFA. Des peines en dessous de la réquisition du ministère public. En effet, le Procureur avait requis dix ans de prison contre cinq accusés, et deux ans d’emprisonnement assortis d’une amende de 250 000 francs CFA contre le commissaire impliqué. Quatre des policiers étaient poursuivis pour « coups et blessures volontaires » et « recel de cadavres », pour les deux autres. Il est reproché aux agents de police, d’avoir infligé des sévices corporels au jeune Fayçal, lors d’un contrôle policier à Parakou. Les faits remontent à la nuit du 18 au 19 novembre 2024. Le jeune homme, alors remorqué par un conducteur de taxi-moto, avait été stoppé par les forces de l’ordre pour un contrôle. Ces derniers ont exigé et obtenu du jeune Fayçal, sa carte d’identité. N’ayant relevé aucune anomalie, les policiers ont demandé à fouiller son téléphone portable, ce à quoi il s’oppose. C’est là que tout a basculé. Face à ce refus d’obtempérer, le jeune homme aurait été roué de coups. Les sévices corporels ont été si intenses qu’il a rendu l’âme sur-le-champ. À l’audience de ce lundi, deux témoins ont également été entendus. L’un affirme avoir été alerté, aux environs de 2 heures du matin, par les cris d’un homme appelant au secours. Le second, lui, déclare qu’il se trouvait avec la victime lorsque des policiers les auraient interpellés pour réclamer le téléphone portable de Fayçal. Selon son témoignage, il aurait pris la fuite après avoir vu la victime assommée des coups de poing. Le père de Fayçal Samba Gani Ouorou a lui aussi été entendu. Il a raconté avoir été informé de la situation le lendemain, aux environs de midi. Il aurait été d’abord contacté par des policiers, lui confiant que son fils aurait été victime d’un accident de circulation. Ce n’est qu’après les rumeurs relayées sur les réseaux sociaux qu’il apprendra qu’il s’agissait en réalité d’une bavure policière. Une situation regrettable qu’il dit supporter avec beaucoup de peine. Au micro de Fraternité FM, l’homme a d’ailleurs exprimé son insatisfaction voire indignation vis-à-vis du verdict rendu par le Tribunal. « Pour le verdict final, je ne suis pas d’accord. Tuer un individu et on leur donne 5 ans, 7 ans, ou 15 mois ? C’est vraiment dommage. Je laisse tout à Dieu. Le Karma est là », a-t-il déclaré. Selon les informations, la famille, qui réclame 100 millions de francs CFA à titre de dédommagement, dispose de 15 jours pour faire appel de la décision. Quant aux accusés, ils disposent de trois mois pour s’acquitter de leurs amendes.















