Le Bénin s’est invité au débat sur l’architecture africaine de demain à travers la voix de l’architecte Chadrac Agbodjogbé. Réunis du 7 au 11 septembre 2026 à Nairobi, au Kenya, dans le cadre de la première Biennale panafricaine d’architecture, architectes et urbanistes du continent ont réfléchi à l’avenir des villes africaines, confrontées à une croissance urbaine rapide.
Pour l’architecte béninois, l’avenir de la construction en Afrique passe d’abord par une meilleure prise en compte des réalités de chaque territoire. « La manière de construire à Nairobi peut être différente de la manière de construire au Mali, parce que ce ne sont pas les mêmes climats », explique-t-il. Il défend ainsi une architecture qui tient compte de l’environnement, du climat et des matériaux disponibles localement.
Le Bénin défend une architecture adaptée à son environnement
Chadrac Agbodjogbe remet notamment en question la tendance à considérer les modèles architecturaux venus de l’extérieur comme synonymes de modernité. Selon lui, cette approche peut conduire à la construction de bâtiments peu adaptés aux conditions locales et fortement consommateurs d’énergie, notamment en raison d’un recours permanent à la climatisation. À travers cette position, le représentant béninois met en avant la nécessité de valoriser les ressources et les savoir-faire locaux. Une orientation également défendue par plusieurs participants à la Biennale, à l’image de l’architecte guinéen Aboubacar Sidiki Komara, qui voit dans le bambou une ressource renouvelable pouvant contribuer à l’innovation architecturale. Les échanges de Nairobi ont également porté sur la place de la nature et des espaces communs dans les villes de demain. Christian Benimana, architecte basé à Kigali, imagine des villes davantage tournées vers le partage et la nature, tandis que l’architecte kényan Timothy Abong’o plaide pour des espaces plus piétons, moins densément bâtis et davantage végétalisés.
À Nairobi, le message porté notamment par le Bénin est ainsi clair : penser l’architecture africaine de demain ne signifie pas simplement reproduire des modèles étrangers, mais construire des villes en phase avec les climats, les ressources et les identités du continent.
Tim Adriano ABLOH (Stag)











