Hugues Sossoukpè : une relative accalmie sur la toile depuis son arrestation, fait marquant de 2025 (détail)

Arrêté en juillet 2025 en Côte d’Ivoire puis extradé vers le Bénin, le journaliste et activiste Hugues Comlan Sossoukpè dont la plume critique s’était imposée..

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Arrêté en juillet 2025 en Côte d’Ivoire puis extradé vers le Bénin, le journaliste et activiste Hugues Comlan Sossoukpè dont la plume critique s’était imposée comme une voix dérangeante, est détenu depuis à la prison civile de Ouidah. Plusieurs mois après les faits, son dossier continue de susciter interrogations et controverses, tant sur les conditions de son interpellation et de son transfert que sur les réactions contrastées des autorités et de ses avocats.

Invité par le ministère ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation à prendre part à l’Ivoire Tech Forum, Hugues Comlan Sossoukpè est arrivé à Abidjan le 8 juillet 2025. Journaliste et directeur de publication du journal en ligne Olofofo, il avait été accueilli et pris en charge par une délégation officielle des organisateurs, en sa qualité de professionnel des médias. Deux jours plus tard, le 10 juillet, il a été interpellé par les autorités ivoiriennes puis, extradé au Bénin où, il a été présenté au Procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Il a ensuite fait l’objet d’un mandat de dépôt et est détenu à la prison civile de Ouidah. Cependant, ni les autorités ivoiriennes ni celles du Bénin ne feront, à ce moment-là, de communication officielle détaillée sur les circonstances exactes de l’arrestation et de l’extradition. Ce silence institutionnel a donné lieu à des spéculations et des critiques, d’autant plus que le journaliste bénéficiait, selon ses avocats, du statut de réfugié politique au Togo. Dans un communiqué rendu public le 8 septembre 2025, les avocats de Hugues Sossoukpè qualifient son arrestation d’« arbitraire » et dénoncent des conditions de détention jugées « inhumaines ». Ils affirment que leur client est placé en isolement strict, privé de visites familiales et maintenu dans des conditions difficiles à la prison de Ouidah. Les conseils du journaliste accusent également les autorités béninoises et ivoiriennes d’avoir collaboré pour organiser son « arrestation ». Les autorités ivoiriennes, pour leur part, ont toujours soutenu avoir agi dans le cadre de la coopération judiciaire avec le Bénin, affirmant ignorer le statut de réfugié politique de l’intéressé. Une version contestée par la défense, qui assure que Hugues Sossoukpè avait présenté, à son arrivée à Abidjan, un titre de voyage officiel délivré par l’État togolais, mentionnant explicitement ce statut, et qu’il n’a jamais été présenté à une autorité judiciaire ivoirienne avant son extradition. Les faits reprochés à Hugues Sossoukpè Au Bénin, le journaliste est poursuivi pour harcèlement par le biais d’un système informatique, rébellion et apologie du terrorisme. Ses prises de position et enquêtes, souvent critiques à l’égard du pouvoir, avaient fait de lui une figure suivie mais controversée de l’espace médiatique et numérique. Certaines de ses alertes ont, par le passé, trouvé des confirmations factuelles, tandis que d’autres ont été contestées ou démenties. Depuis son arrestation, plusieurs observateurs notent une relative accalmie dans l’espace médiatique numérique béninois, marquée par une baisse des publications critiques portées par des voix très exposées. Un an après les faits, l’affaire Hugues Sossoukpè reste pendante devant la justice.

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