La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’Alliance des États du Sahel (AES), ne parviennent toujours pas à s’entendre. Pour s’en convaincre, la décision de la Cédéao de prolonger de six mois, le délai du retrait des trois États membres de l’AES, a été rejetée par ses interlocuteurs du Sahel.
Dans une déclaration lue par un proche du Général Assimi Goïta à la télévision, la mesure prise par les dirigeants de la CEDEAO, est qualifiée d’« unilatérale » par les dirigeants de l’AES. Elle est considérée comme une tentative qui vise à entraver leur souveraineté et à favoriser des plans de déstabilisation. C’était lors du dernier Sommet tenu à Abuja, que les chefs d’État de la Cédéao, ont acté le retrait des pays de l’AES avant d’instaurer un délai de six mois pour explorer une éventuelle réintégration. Pour cela, les présidents du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, Faure Gnassingbé du Togo ont été missionnés pour engager des discussions, susceptibles de faire changer les dissidents d’avis. Juste au lendemain du Sommet de la CEDEAO, les dirigeants de l’AES ont multiplié les assauts pour contrer des présumés terroristes suite à des attaques ciblées au Niger d’une part, et à Bamako d’autre part. Le Niger contre toute attente, a sorti un communiqué dans lequel il accuse le Nigeria d’héberger des présumés terroristes dans le but de le déstabiliser. Dans un communiqué publié ce samedi 21 décembre 2024, le porte-parole du ministère des affaires étrangères nigérian, Kimiebi Imomotimi Ebienfa a démenti les accusations de Niamey. En gros l’AES dénonce dans une déclaration signée par le Général Assimi Goïta, son président en exercice, des tentatives de déstabilisation orchestrées par des puissances étrangères, notamment la France, avec l’appui de certains acteurs régionaux. A cet effet donc, l’AES a annoncé une série de mesures : Au sein de l’espace, les forces de défense et de sécurité, des trois États membres, sont placées en alerte maximale. L’espace des pays membres de la Confédération est considéré comme un « théâtre unique d’opérations militaires », ceci dans le but de renforcer la coordination des actions de défense. Les populations quant à elles, sont invitées à signaler tout comportement suspect et à rejeter toute tentative d’enrôlement dans les groupes terroristes. La présumée réorganisation des groupes terroristes qui bénéficieraient des soutiens de puissances étrangères, demeure une préoccupation des dirigeants de l’AES. Dans le Bassin du Lac Tchad et sur les corridors sensibles tels que Niger-Nigeria, Niger-Bénin et Niger-Burkina Faso, les présumés terroristes se seraient réorganisés.















