Burkina Faso : la peine de mort rétablie huit ans après son abolition, liste des infractions visées

Abolie en 2018 sous la présidence de Roch Marc Christian Kaboré, la peine de mort vient d’être rétablie au Burkina Faso. La mesure a été entérinée mardi 20 octobre 2026 à travers l’adoption d’un nouveau Code pénal. Le texte a été voté à l’unanimité par les 71 membres de l’Assemblée législative du peuple (ALP), qui…

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Le président Burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré

Abolie en 2018 sous la présidence de Roch Marc Christian Kaboré, la peine de mort vient d’être rétablie au Burkina Faso. La mesure a été entérinée mardi 20 octobre 2026 à travers l’adoption d’un nouveau Code pénal.

Le texte a été voté à l’unanimité par les 71 membres de l’Assemblée législative du peuple (ALP), qui fait office de parlement dans ce pays dirigé par une junte militaire. Le gouvernement avait annoncé son intention de réintroduire la peine capitale en décembre dernier avec l’adoption d’un projet de loi. C’est désormais chose faite.

Dans une publication sur Facebook mardi, le ministère de la Justice a justifié cette réforme par la nécessité de renforcer l’ordre public, de consolider les valeurs de la Nation et de garantir la sécurité des personnes et des biens.

Selon l’Agence d’information du Burkina (AIB), média d’Etat, plusieurs infractions sont désormais passibles de la peine de mort. Il s’agit notamment des actes de terrorisme, de l’espionnage, de la trahison, du parricide et de l’importation de produits périmés ou prohibés ayant entraîné la mort. Cette réintroduction, vise particulièrement les groupes terroristes qui, d’après le ministre de la Justice Edasso Rodrigue Bayala, utilisaient la clémence de l’ancien texte comme argument de recrutement.

Le Burkina Faso est dirigé depuis fin septembre 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat. Son régime est régulièrement pointé par des ONG internationales pour des atteintes aux libertés. Selon ces organisations, des dizaines de voix critiques, journalistes et magistrats ont été enlevés et parfois enrôlés de force pour combattre les groupes jihadistes.

Le pays est en proie depuis une décennie à des violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique, qui ont fait des milliers de morts et des millions de déplacés. D’après Amnesty International, qui avait appelé l’an dernier la junte à abandonner ce projet, la dernière exécution recensée au Burkina Faso remonte à 1988.

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