Bénin: 03 recommandations de Jean-Baptiste Elias pour mettre fin à la corruption

Malgré les mesures déployées par le Bénin pour favoriser la lutte contre la corruption, les indicateurs sont toujours au rouge. Dans chaque secteur de la vie publique presque, le phénomène dicte encore sa loi. Pour en finir avec ce monstre à trois têtes, Jean-Baptiste Elias, président du Front des organisations nationales contre la corruption (FONAC)…

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Jean-Baptiste Elias, président du Copil

Malgré les mesures déployées par le Bénin pour favoriser la lutte contre la corruption, les indicateurs sont toujours au rouge. Dans chaque secteur de la vie publique presque, le phénomène dicte encore sa loi. Pour en finir avec ce monstre à trois têtes, Jean-Baptiste Elias, président du Front des organisations nationales contre la corruption (FONAC) fait plusieurs recommandations aux autorités.

Trois recommandations de Jean-Baptiste Elias pour venir à bout de la corruption au Bénin. Le président du Front des organisations nationales contre la corruption a effectué ses propositions ce jeudi 10 septembre 2026, lors d’une sortie publique.

Pour lui, le mal est profond et touche l’ensemble de l’administration : marchés publics, ordres d’enseignements, santé, infrastructure. Dans ce contexte, « Nous devons prendre les taureaux par les cornes pour avancer », a-t-il déclaré.

Le Bénin a pourtant pris des dispositions en renforçant son cadre législatif.  Jean-Baptiste Elias rappelle que le premier cadre juridique important était la loi 2011-20 du 12 octobre 2011. Elle reprenait, selon lui, les engagements internationaux du pays en matière de lutte contre la corruption. Malheureusement, se désole-t-il, cette loi a été abrogée en septembre 2020, avec l’arrivée du président Patrice Talon.

« Cette abrogation a signé le recul de la lutte contre la corruption du Bénin sur plusieurs plan », estime-t-il. A titre d’exemple, Jean-Baptiste Elias évoque la déclaration de patrimoine. Avant, elle était prévue par la loi. Aujourd’hui, elle ne relève plus que d’un décret.

Il évoque également les engagements du Bénin au niveau régional. Il s’agit notamment du protocole de la CEDEAO, Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest, qui prévoit que la déclaration de patrimoine concerne non seulement les assujettis, mais aussi leurs conjoints et leurs enfants mineurs. « Le Bénin, à ce jour, n’a jamais respecté cette disposition », déplore-t-il.

Le dernier décret pris en 2024 sous la présidence de Patrice Talon, aggrave encore la situation selon lui. Car, il limite les personnes concernées par la déclaration de patrimoine et maintient la confidentialité.

Face à ce constat, Jean-Baptiste Elias propose trois actions concrètes aux autorités. Le Président du Fonac suggère de « reprendre si possible le contenu de la loi 2011-20 du 20 octobre 2011 » afin de disposer à nouveau d’un cadre légal solide et complet.

Aussi, il faut « faire en sorte que la déclaration de patrimoine soit encadrée ». Ceci, conformément aux accords régionaux et internationaux que le Bénin a signés. Cela implique d’élargir l’obligation aux conjoints et enfants mineurs et de rendre les déclarations accessibles au public.

Enfin, le président du FONAC insiste sur la nécessité de « faire en sorte que la protection des lanceurs d’alerte soit une réalité qui permette à ce que les dénonciateurs puissent être protégés ». Il ajoute qu’il faut aussi que des conseils de discipline puissent se faire et que les sanctions qui en découlent soient publiées. Jean-Baptiste Elias préconise par ailleurs des sanctions claires, aussi bien pour ceux qui refusent de déclarer leur patrimoine que pour ceux qui feraient de fausses déclarations, y compris dans le secteur privé.

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