Maurice Kamto a annoncé ce mardi 8 septembre 2026 sa démission de la présidence du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, MRC. L’information a été rendue publique dans une lettre adressée aux membres du directoire et publiée sur sa page Facebook officielle.
« Dans l’intérêt supérieur de notre parti, de ses nombreux militants et sympathisants, et du Peuple du Changement en général, j’ai décidé de démissionner », écrit l’universitaire et opposant. Il précise quitter la présidence avec effet immédiat, tout en restant simple membre du parti.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions avec le ministère de l’Administration territoriale (MINAT). Depuis plusieurs semaines, le ministère refusait de reconnaître la légitimité de Maurice Kamto à la tête du MRC.
Le 19 août 2026, le ministre Paul Atanga Nji a adressé une correspondance à Joseph Thierry Okala Ebode, membre fondateur du parti. Le MINAT y annonçait ne pas prendre acte du procès-verbal de la convention extraordinaire du 21 décembre 2025, tenue en visioconférence.
Pour justifier son refus, le ministère invoque la loi n°90/055 du 19 décembre 1990 sur les réunions et manifestations publiques. Il rappelle que cette convention avait été interdite au préalable par le sous-préfet de Yaoundé 4. Conséquence : le MINAT ne reconnaît aucune des instances issues de cette réunion, ni le présidium, ni le directoire national, ni le comité de médiation et d’arbitrage.
Le ministère affirme par ailleurs détenir des documents attestant de la démission de Maurice Kamto du MANIDEM et estime que Joseph Thierry Okala Ebode n’est pas militant du MRC.
Ce blocage administratif faisait craindre une exclusion du MRC des prochaines élections municipales et législatives prévues en 2027.
Une convention contestée en interne
La convention du 21 décembre 2025 avait reconduit Maurice Kamto à la présidence du MRC avec 95,44% des suffrages. Le parti y avait aussi adopté des amendements aux statuts et élu ses dirigeants nationaux.
Mais cette procédure est contestée. Okala Ebode, exclu du parti, affirme que « le MRC n’a pas de président en ce moment » et que la réunion en ligne « n’est pas valable juridiquement ». Pour lui, le retour de Maurice Kamto ne peut se faire par une simple reprise de carte de membre.
Willy Mengue, récemment exclu, a aussi publié une lettre pour contester la légalité du retour. Il évoque une « violation flagrante des dispositions statutaires », notamment l’absence de trois ans de militantisme ininterrompu exigée pour briguer la présidence.
La démission de Maurice Kamto intervient quelques mois seulement après son retour à la tête du MRC. Il avait effectué ce comeback après une candidature avortée à l’élection présidentielle d’octobre 2025 sous la bannière du MANIDEM. Le MRC, principal parti d’opposition au régime de Paul Biya, devra désormais désigner une nouvelle direction reconnue par l’administration pour préparer les échéances de 2027.
A noter que quelques minutes après la démission de Maurice Kamto, son fidèle compagnon Mamadou Mota a également annoncé son départ de son poste de Premier Vice- Président. Il justifie sa décision par « l’acharnement et l’oppression qu’exerce le régime à son endroit ».











