Dans la nuit du 28 au 29 Août dernier, une tentative de mutinerie a ébranlé la capitale nigérienne (Niamey). Si le général Abdourahamane Tiani, pour l‘instant n’a officiellement pas pris la parole, il faut dire qu’un conseil des ministres s’est tenu vendredi dernier et a statué sur le dossier.
En effet, au cours de la réunion hebdomadaire, le gouvernement a fait un bilan non encore exhaustif de la situation. Entre autres, les autorités ont reconnu officiellement qu’il y a eu mort d’hommes du côté des civiles et des blessés.
A l’occasion, le porte-parole Mamadou Saidou du gouvernement nigérien a réitéré les accusations de déstabilisation du Niger contre la France. Pour le Niger, la France est derrière cette tentative de mutinerie avec des complicités dans la sous-région. Ce que nie Paris qui d’ailleurs parle « De pures fantaisies », selon le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
Le Niger parle des « Frères africains», sans citer cette fois-ci le nom d’un État, qui auraient prêté main forte à la France. Le porte-parole, Mamadou Saidou dénonce le « double visage » des « frères africains prompts à servir de passerelle aux actions déstabilisatrices des tenants du régime français », mais il ne nomme aucun pays.
Après la mutinerie, la télévision d’État nigérienne a diffusé une vidéo qui présente le témoignage d’un capitaine de l’armée de l’air. Roger Gabriel en effet, accusait des États comme la France, le Tchad, le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Cédéao etc ; d’avoir soutenu la tentative de déstabilisation.
Des accusations niées
Mais au Bénin, les accusations de Niamey ont été rejetées par le gouvernement, à travers son porte-parole Wilfried Houngbédji. «Personne raisonnablement ne croit aux allégations qui ont été formulées contre le Bénin », a-t-il affirmé. « À un moment ou un autre, nos frères du Niger comprendront que le Bénin n’est pas leur ennemi et que les relations vont se normaliser. Pour les mêmes raisons qui ont fait qu’hier nous avons été contre la déstabilisation du Niger, nous sommes contre la déstabilisation du Niger aujourd’hui et nous le serons demain. Ce sont nos frères, ce sont nos parents, les populations sont les mêmes de part et d’autre des frontières, et nous avons vocation à coexister pacifiquement», soutient l’ancien journaliste.
Il faut reconnaître que qu’elles soient fondées ou non, les accusations sont devenues le quotidien des autorités du Niger depuis trois ans que le CNSP est au pouvoir. La différence à noter dans les accusations après la tentative de la mutinerie dans la nuit du 28 au 29 Août, est que cette fois-ci, elles (accusations) viennent du témoignage d’un soldat et non des dirigeants. A l’arrivée de Romuald Wadagni au pouvoir, on a senti un début de dégel du climat auparavant très tendu entre le Niger et le Bénin même si la frontière entre les deux pays est fermée du côté de Niamey.
Dans le compte-rendu officiel du conseil des ministres, le gouvernement nigérien a reconnu la mort des civils lors des événements et des blessés à qui il souhaite un prompt rétablissement.
Contrairement aux pays accusés de participer à la déstabilisation, des messages de remerciement sont adressés au Mali et au Burkina Faso, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), organisation dont le Niger est membre. En plus, l’aide du voisin algérien et de la Fédération de Russie, dont l’intervention des militaires de l’Africa Corps a sauvé le général Abdourahamane Tiani, a été reconnue.











