Le Président du Front des Organisations Nationales contre la Corruption (FONAC), Jean-Baptiste Elias, a réagi à l’installation du tout premier Bureau du Sénat intervenue ce jeudi au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo. Ce scrutin a porté l’ancien Président de la République, Patrice Talon, à la tête de la nouvelle institution.
Dans une déclaration, Jean-Baptiste Elias a exprimé son amertume. Pour lui, le Bénin était, depuis 1990, cité en exemple pour l’état de droit et l’alternance politique. Mais la composition actuel du Bureau du Sénat le pousse à une interrogation : « Y-a-t-il état de droit et alternance politique au Bénin ? ».
Dans son intervention, l’acteur de la société civile a pointé du doigt la relecture de la Constitution en novembre 2025. En citant l’article 113, il rappelle que le Sénat se voit confier d’importantes prérogatives à savoir : la régulation politique, le droit de veto sur les textes sensibles, et le pouvoir de relecture législatif.
Or, constate-t-il, ce sont d’anciens responsables de l’exécutif et du Parlement qui occupent les principaux postes : « On croyait que ceux qui sont partis laisseront la place à de nouvelles têtes pour qu’on parle réellement de l’alternance. Hélas! Le président sortant est devenu président avec tous ces pouvoirs, le président sortant de l’assemblée nationale est devenu vice-président de ce sénat, le ministre de l’intérieur sortant est devenu rapporteur, la ministre de la fonction publique et du travail est devenue rapporteur suppléante. Y-a-t-il vraiment eu alternance ? », s’interroge-t-il. Et d’ajouter : « Qu’est-ce qui nous arrive en Afrique en général et au Bénin en particulier. Je suis triste, c’est dommage que nous puissions en arriver là », a-t-il déclaré.
Face à ce constat, Jean-Baptiste Elias annonce une initiative. L’IAJP, dont il est également membre, organisera dans les jours à venir une conférence débat pour réfléchir ensemble, a-t-il indiqué. L’objectif est de « demander ce qu’il faut faire, parler aux uns et aux autres pour que les choses changent ».
Pour rappel, le jeudi 6 août 2026, le Sénat du Bénin a tenu sa deuxième séance plénière au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo. À l’issue du vote, Patrice Talon, ancien Président de la République, a été élu Président du Sénat pour un mandat de 5 ans, devenant ainsi la deuxième personnalité de l’Etat après le Président de la République Romuald Wadagni. Dans son discours, il a promis « œuvrer pour un fonctionnement d’un Sénat qui sera comme une famille ».











