Le Gouvernement béninois s’est exprimé sur la grâce présidentielle accordée par le Chef de l’État, Romuald Wadagni, à l’occasion de la fête de l’indépendance du 1ᵉʳ août. Dans une déclaration faite à la presse, le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Houngbédji, a justifié les choix opérés et a rappelé le caractère réglementaire du dispositif.
Trois-cent soixante-neuf prisonniers de droit commun ont bénéficié, le 1er août 2026, d’une grâce présidentielle accordée par le président de la République. Parmi eux, figurent Julien Kandé Kansou, un militant du parti politique de l’opposition Les Démocrates (LD) et d’autres détenus condamnés pour vol de motos, moutons et autres infractions connexes.
Au lendemain de la publication de la liste, beaucoup de béninois ont salué la mesure du chef de l’Etat, tout en soulignant l’insuffisance du nombre de bénéficiaires. Interrogé, Wilfried Houngbédji a insisté sur la rigueur du processus. « Ce n’est pas le nombre qui est le plus important. C’est de savoir que les personnes bénéficiant de la grâce remplissent les conditions. Il n’y a pas de favoritisme », a-t-il affirmé.
Pour le Ministre Porte-parole, aucun dossier éligible n’a été écarté : « Il n’y a pas quelqu’un qui remplirait les conditions objectives et qui n’ait pas été retenu ». Il a également évoqué les attentes de certains citoyens qui espéraient voir d’autres noms figurer sur la liste. « Si la présence de certains sur la liste fait nourrir l’espoir que d’autres leur tour viendrait, ça s’entend », a-t-il reconnu. Et de préciser : « si ces personnes remplissent demain les conditions à l’occasion d’un nouvel acte de cette nature, elles pourraient bien se retrouver là-dessus ».
Au Bénin, la grâce présidentielle, acte de clémence du Président de la République, intervient chaque année à l’occasion de la fête nationale. Elle concerne généralement des détenus condamnés pour des infractions de droit commun et remplissant des conditions fixées par l’administration pénitentiaire : ancienneté de détention, bonne conduite, état de santé, approche de la fin de peine, entre autres.
Cette année, 369 personnes ont bénéficié de la mesure. Selon les explications officielles, l’objectif est de désengorger les prisons et de permettre la réinsertion de personnes ayant purgé une part significative de leur peine.
La publication de la liste a suscité de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique nationale. Beaucoup de Béninois s’attendaient à la libération de prisonniers ayant des profils beaucoup plus politiques, notamment Joël Aïvo et Reckya Madougou, condamnés dans des affaires liées à la présidentielle de 2021. Leurs noms ne figurent cependant pas parmi les personnes graciées. Cette absence a relancé le débat sur les critères d’éligibilité et sur la portée politique de la grâce présidentielle.
En répondant aux interrogations, Wilfried Houngbédji a voulu ramener le débat sur le terrain administratif. Pour lui, la décision du Chef de l’État s’est appuyée sur des dossiers instruits objectivement, sans distinction de profil.
Le ministre n’a pas fermé la porte à de futures mesures. Il laisse entendre que d’autres actes de grâce pourraient intervenir et concerner d’autres catégories de détenus, à condition qu’ils remplissent les conditions requises au moment de l’examen des dossiers.











