Tribune : « cas Michel Sodjinou, ce qui a échappé aux Democrates »

L’anticipation est l’une des méthodes les plus efficaces pour gérer les crises au sein d’une organisation. Le parti LD, principal formation politique de l’opposition béninoise,..

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L’anticipation est l’une des méthodes les plus efficaces pour gérer les crises au sein d’une organisation. Le parti LD, principal formation politique de l’opposition béninoise, en pleine tourmente, semble l’ignorer et fait preuve d’une inefficacité alarmante. Son président et ses membres ont négligé les alertes et plaintes du député Michel Sodjinou. Tous les signaux rouges étaient là, qui pouvaient déterminer les dirigeants du parti prendre les dispositions idoines pour contenir les velléités indépendantistes.

C’est alors qu’il est trop tard, c’est alors que les blessures ont déjà atteint un état très profond, c’est alors que le désordre s’est déjà installé, que ça court dans tous les sens. On demande au député-frondeur de trahir sa conscience. Oui, c’est de cela qu’il s’agit. Pendant que ses bourreaux sont restés fidèles jusqu’au bout à leur logique sectaire, on demande à Michel Sodjinou de cesser, lui, d’être fidèle à sa conviction. J’ai lu la lettre d’Éric Houndété à son frère Michel. J’ai examiné la déclaration du député lui-même. J’ai pris connaissance de l’appel du collectif des coordonnateurs de LD à l’honorable Sodjinou. Les cris de désespoir lancés par certains militants et cadres du parti recherchent sa sensibilité. J’ai visionné une vidéo poignante de Saka Fikara, un vétéran de la politique dans l’Ouémé et un grand frère pour Michel. Tous les mots ont été bien utilisés pour toucher le cœur du député. Mais il est trop tard. Enfin, j’ai suivi la déclaration des instances du parti, ce jeudi 16 octobre. Face à un tel tableau, certaines observations se sont imposées à mon esprit: – Toutes les interventions, lettres et appels reconnaissent la justesse et la légitimité des dénonciations de Michel Sodjinou. C’est donc établi que Sodjinou, Saka Fikara, Éric Houndété et bien d’autres ont subi de graves humiliations au sein du parti LD, simplement parce qu’ils ne sont pas « de la bonne région ». – Pratiquement tous les discours corroborent l’idée que le choix du candidat Renaud Agbodjo a été imposé sur des critères fantaisistes, menaçant la cohésion au sein du parti et du pays. – Tous reconnaissent que le député Sodjinou a alerté longtemps auparavant et a pris des mesures avant sa décision actuelle. Il est évident qu’il n’a pas été entendu et, pire, qu’il a subi des représailles pour avoir osé exprimer son désaccord. Le doyen Saka Fikara a même cité des noms de cadres du parti LD qui, sous prétexte d’être proches de Boni Yayi, ont infligé des souffrances à des gens comme lui, à Michel Sodjinou et à Éric Houndété. On demande à l’honorable Sodjinou de faire fi de ses frustrations et douleurs pour revenir sur sa décision. Question cruciale : mais pourquoi personne n’interprète son attitude comme celle d’un homme de conviction ? Pour quelqu’un qui a été traité comme un moins que rien, n’est-ce pas sa seule chance de prouver qu’il n’est pas naïf ? Pourquoi n’entend-on pas les bourreaux de Sodjinou ? Que disent-ils aujourd’hui, ceux qui pensaient que leur faux coup allait prospérer facilement comme une lettre à la poste? Rester fidèle à sa décision, quand on est convaincu d’être dans le vrai, mérite d’être considéré et même célébré. A tous ceux qui pensent que seules leurs mamans font des enfants intelligents, il faut souffler : « À malin, malin et demi ». Il est crucial que des militants aussi déterminés que Michel Sodjinou se multiplient au sein de nos formations politiques. Il faut donc laisser Sodjinou tranquille, face à son tribunal intérieur. Il ne s’y sent pas condamné ! JLK

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