L’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé le licenciement de 18 employés à la suite d’une enquête interne ayant confirmé plusieurs cas d’exploitation et d’abus sexuels commis contre des réfugiées soudanaises dans l’est du Tchad.
Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé, jeudi, avoir mis fin aux contrats de 18 employés impliqués dans des faits d’exploitation et d’abus sexuels à l’encontre de réfugiées soudanaises installées dans l’est du Tchad. Les personnes concernées ont également été inscrites sur une liste interne leur interdisant toute future collaboration avec l’organisation.
Cette décision fait suite à une enquête interne ouverte après le signalement de plusieurs cas présumés de harcèlement, d’exploitation et d’abus sexuels. Au total, 59 allégations impliquant des membres du personnel, des travailleurs journaliers, des sous-traitants et des fournisseurs travaillant dans le cadre des opérations de MSF au Tchad ont été examinées.
Selon les conclusions de cette enquête, certaines femmes et jeunes filles réfugiées auraient été contraintes d’accepter des actes d’exploitation sexuelle en échange d’une assistance humanitaire, d’un emploi ou de produits de première nécessité. Ces victimes avaient fui la guerre qui ravage le Soudan depuis avril 2023 et se trouvaient dans une situation de grande vulnérabilité.
L’organisation précise que plusieurs faits ont pu être établis, justifiant les sanctions prises. En revanche, certaines accusations, notamment celles impliquant des mineures, n’ont pas pu être entièrement confirmées en raison de difficultés à identifier les victimes présumées ou les auteurs des faits signalés.
« Ces comportements constituent une violation grave de nos valeurs et de notre responsabilité envers les personnes que nous servons », a déclaré la secrétaire générale de MSF International, Laura Leyser, qui a réaffirmé l’engagement de l’organisation à lutter contre toute forme d’abus dans ses missions humanitaires.
Dans la foulée, MSF a indiqué avoir mis en place un accompagnement médical, psychologique et juridique au profit des survivantes identifiées. L’organisation a également annoncé un renforcement de ses mécanismes de prévention, notamment à travers un contrôle plus strict des recrutements, une vérification approfondie des antécédents des candidats ainsi qu’une amélioration des procédures de signalement et de traitement des plaintes.
Le Tchad accueille aujourd’hui des centaines de milliers de réfugiés ayant fui le conflit qui oppose l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR).















