La stratégie de riposte adoptée par le gouvernement de la rupture face au phénomène de la cybercriminalité ces dernières années, est-elle la meilleure ? Récemment reçu sur ML TV, Expérience Tèbè, président du parti d’opposition Mouvement Populaire pour la Libération (MPL) et deuxième coordonnateur du Cadre de concertation de l’opposition a répondu à cette question.
Selon cet acteur politique de l’opposition, la lutte contre la cybercriminalité au Bénin doit être réorientée. Pour cause, malgré le renforcement des dispositifs juridiques mis en place par le gouvernement pour sanctionner les cybercriminels, le phénomène prend de plus en plus d’ampleur. « Si en dépit de ce dispositif très corsé qui est mis en œuvre aujourd’hui pour repousser le phénomène, les juridictions continuent de recevoir plus de cas, de condamner davantage, ça veut dire que la réponse n’est pas la meilleure », a déclaré Expérience Tèbè, qui invite le gouvernement à étudier le mal à la racine. En effet, selon lui, beaucoup de jeunes s’embarquent dans cette aventure risquée pour plusieurs raisons dont la principale est le chômage. Par ailleurs, l’absence d’encadrement à la maison entraîne également certains à s’engager dans ce mauvais chemin. C’est pourquoi, « Il faut réorienter la lutte. La prison ne va pas régler le problème. Il faut des mesures de correction », a-t-il insisté. Cette disposition permettra, à l’en croire, de rééduquer les jeunes qui se retrouvent dans ce cas, afin qu’ils soient utiles à la nation. « Quand les jeunes que nous devons canaliser pour mettre au service du pays, nous allons les jeter en prison pour 5, 7, 10 ans, c’est une calamité, on ne peut pas régler le problème de cette façon. Lorsque ces jeunes passeront ces années en prison et reviendront, ils deviendront quoi ? », s’interroge le membre du Cadre de concertation de l’opposition. En 2023, au moins 600 cybercriminels ont été arrêtés, selon les chiffres communiqués par l’Office Centrale de répression de la cybercriminalité (OCRC) devenue finalement Centre national d’investigations numériques (CNIN). Dans la même période, 89 millions de francs CFA, 57 motos et 32 véhicules ont été saisis. Le préjudice subi par les victimes est évalué à 741 millions de francs CFA.












