La salle rouge du Palais des Congrès de Cotonou a vibré ce samedi 12 septembre 2026 au rythme de la Grande finale du concours national féminin d’art oratoire «ELLES PARLENT». Organisé par le Réseau Wanignon Initiative citoyenne (RWIC), l’événement a mis en compétition les meilleures apprenantes aux différents examens nationaux à savoir, le Certificat d’études primaires (CEP), le Brevet d’études du premier cycle (BEPC), et le Baccalauréat (BAC).
Pour cette troisième édition du Concours national féminin d’art oratoire, 34 candidates issues des douze départements du pays ont défilé sur la grande scène. C’était devant un public composé de jeunes, femmes ainsi que des autorités de la République.
Face à un jury d’experts et de professionnels avisés, les candidates n’ont pas tremblé. Elles ont tenté de démontrer, persuader, et surtout convaincre autour de plusieurs thématiques d’intérêts publics. Entre autres : la scolarisation des filles, l’éducation, la drépanocytose, l’intelligence artificielle, la femme et les VBG, l’entrepreneuriat, l’insertion professionnelle des jeunes, la mendicité, la délinquance juvénile, etc.
Trois catégories d’oratrices étaient aux prises : les poussins, les minimes et les juniors. À l’arrivée, neuf meilleures oratrices dont les trois premières par catégorie, ont été primées.
La performance des candidates a été notamment évaluée selon sept critères essentiels. Il s’agit de la structure du texte, l’intérêt du sujet abordé, la justesse des mots, l’éloquence, la voix, l’aisance, et la gestuelle. Ces critères de notation ainsi que les règles du jeu ont été énumérés dès l’entame de la compétition par Abraham Aholou, président du sous-comité scientifique qui a appelé à leur respect strict.
Au niveau des poussins, Nalédie Amoussoukpèvi prend la tête du classement devant Marie Gracia Dansou (2eme) et Emmanuella Dandji (3eme). Du côté des minimes, c’est Ornella Ehoumi qui s’impose. Elle est suivie de près par Léane Agonhèssou (2eme) et Princesse Yègbé (3eme). En ce qui concerne les juniors, Leslie Amoussou, Merveille Agbossaga et Céline Zounmenou sont respectivement sacrées première, deuxième et troisième.
Au sortir de cette compétition serrée mais riche en émotions, les trois premières des différentes catégories sont réparties avec chacune, un trophée, un certificat de participation, des enveloppes financières allant de 100.000 à 300. 000 francs CFA, etc. Les autres candidates ne sont pas, quant à elles, laissées les mains vides. Elles ont également été récompensées avec à l’appui, une enveloppe financière de 50.000 franc CFA, à titre de lot de consolation.
La troisième édition du concours national féminin d’art oratoire a connu la présence de plusieurs autorités et personnalités politiques de premier plan. Parmi elles, figurent le Ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de la défense nationale Gildas Agonkan; le ministre de la culture, des arts et du patrimoine, Yassine Latoundji; la ministre des petites et moyennes entreprises, Awaou Boco; le Conseiller technique à la Culture et aux arts, Florent Couao Zotti; le représentant du ministre des sports, Judicaël Biaou; la représentante du ministre de l’économie et des finances; le Préfet du département du Mono, Bienvenu Milohin, ainsi que le Vice-président du Conseil Économique et Social (CES), Médiateur de la République, Conrad Gbaguidi.
Dans son intervention, l’ancien président du CES a félicité l’ensemble des candidates pour leur performance. Il les a invitées à continuer dans la même lancée.
«Je souhaite que chacune d’entre vous ici reparte avec une responsabilité supplémentaire : devenir dans son école, dans sa famille, son quartier ou village, une ambassadrice du dialogue et de l’élégance…continuer à apprendre et faire en sorte que votre manière de vivre soit à la hauteur de la qualité de votre parole», a déclaré Conrad Gbaguidi.
Prenant à son tour la parole, le Président du réseau Wanignon Initiative citoyenne (RWIC), Jock Adammado, a salué l’audace et la détermination des lauréates. Il a particulièrement tenu à rappeler le chemin parcouru par chacune d’entre elles pour se retrouver aujourd’hui sous les projecteurs.
«Ces jeunes filles ne sont pas ici par hasard ni par faveur. « ELLES PARLENT du moins jusque-là n’est pas ouvert à toutes. Il s’agit des dix premières filles de chaque département au titre des examens du CEP, BEPC, BAC, chaque année. Elles compétissent d’abord au niveau départemental et ce sont les champignonnes de chaque département au niveau de chacune des catégories qui ont presté ici ce matin», a-t-il précisé.
Poursuivant son allocution, le promoteur du concours national féminin d’art oratoire insiste sur l’esprit dans lequel l’initiative s’inscrit depuis plusieurs années. «Dans un monde emporté par le numérique et l’intelligence artificielle, un monde qui va souvent trop vite, où l’image fait trop souvent taire la pensée, savoir écouter, réfléchir et convaincre ne sera plus simplement une compétence de prestige, encore moins un talent d’agrément. C’est la compétence qui désormais décidera de tout. Et dans ce monde là, une voix manque souvent à l’appel. Pas juste la voix des femmes. Mais la voix des plus brillantes d’entre elles.
Or, là où une jeune fille apprend à s’exprimer, une famille s’élève, une communauté avance, une nation gagne. « ELLES PARLENT » existe pour combler ce monde. Cette conviction, nous ne la portons pas seule. Elle rejoint aisément la vison de développement de notre pays, qui a placé le capital humain au cœur de l’émergence et de l’autonomisation des femmes au rang de priorité nationale (…) Former des jeunes filles qui pensent, qui parlent, c’est préparer les citoyennes de l’intelligence du Bénin de demain. Notre initiative, elle est citoyenne. Elle est aussi, dans sa mesure, patriotique», explique-t-il.











