Réouverture de la frontière : le Bénin face aux conditions et exigences de Niamey

Une séance de travail a eu lieu ce week-end entre deux parties à savoir : celles du Bénin et du Niger dans le cadre de la réouverture des frontières. On s’achemine inexorablement vers la réouverture de la frontière entre le Bénin et le Niger. Pour s’en convaincre, une délégation du Niger a été conduite par le…

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Une séance de travail a eu lieu ce week-end entre deux parties à savoir : celles du Bénin et du Niger dans le cadre de la réouverture des frontières.

On s’achemine inexorablement vers la réouverture de la frontière entre le Bénin et le Niger. Pour s’en convaincre, une délégation du Niger a été conduite par le Général de division Mohamed Toumba, ministre de l’Intérieur et de l’administration du territoire pour une séance de travail à Cotonou.

Selon les informations, la partie nigérienne aurait posé deux conditions non négociables.

En premier, la signature formelle d’un accord de défense et de sécurité entre les deux nations. En d’autres termes, il s’agira de « la non-utilisation du territoire d’un État pour mener des actions hostiles ou de déstabilisation contre l’autre. »

Et le second, Niamey souhaite qu’il y ait une transparence sur les dispositifs militaires étrangers stationnés à proximité de ses frontières. Et réclame la création immédiate d’une cellule de renseignements conjointe.

Tous ces détails ont été notifiés au Bénin par la délégation nigérienne conduite par le ministre de l’intérieur Mohamed Toumba.

Wadagni a sauté le verrou mais…

Aux yeux des autorités du Niger, les conditions posées sont capitales et dénotent d’une importance vitale pour leur nation toute entière.

En effet, ce qui pourrait motiver une telle position du Niamey par ailleurs est que, face à la monté du jihadisme, les autorités nigériennes ont compris que la mutualisation des efforts sur fond de partage des informations est importante. Une lutte isolée contre le terrorisme est vouée d’avance à l’échec alors que la convergence des idées et des forces pourrait permettre de vaincre et d’exterminer entièrement l’hydre.

Il est vrai que la visite de travail et d’amitié du nouveau président du Bénin, à Niamey le mardi 2 juin 2026, a été le déclic susceptible de réchauffer les relations entre les deux pays.

Le Bénin soupçonné à tort, d’abriter des bases françaises, une puissance étrangère vomie au Niger, est ignoré depuis l’avènement des militaires au pouvoir. Sous l’ancien régime de Patrice Talon, la prise de position du Bénin au lendemain du coup d’Etat qui a renversé l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum, est à la base des griefs que la junte nigérienne a contre le Bénin.

Reçu avec les honneurs dus à son rang lors de sa visite au Niger, le président Wadagni a déverrouillé  le blocus et tout est en bonne voie désormais pour la réouverture de la frontière entre les deux nations. Quoique cela reste conditionné aux deux préalables posés par la partie nigérienne. Mais on se demande si les autorités béninoises peuvent-elles honorer les conditions par le Niger ?

La question est sans nul doute sur toutes les lèvres.  En tout cas sous l’ancien régime, le Bénin bien que preneur en ce qui concerne le réchauffement de la coopération bilatérale entre lui et ses voisins, a toujours voulu marquer son territoire.

Avec le gouvernement Wadagni, on verra bien si le Bénin va se plier aux conditions exigées par Niamey ou s’il va proposer un réajustement. L’un dans l’autre, les populations quant à elles, espèrent la réouverture de la frontière dans un bref délai, ce qui conditionne la reprise de leurs activités.

L’importance de la frontière pour tout le monde 

La frontière entre le Bénin et le Niger revêt une importance capitale pour les deux pays. C’est d’ailleurs ce qui explique les nombreux appels en faveur de sa réouverture depuis qu’elle a été  fermée en juillet 2023, après le coup d’Etat au Niger.

Une reprise des échanges commerciaux constituerait une véritable bouffée d’oxygène pour l’économie béninoise, notamment le Port autonome de Cotonou, privé depuis près de trois ans d’une partie importante de son trafic.

Elle permettrait aussi la facilitation d’approvisionnement du Niger, pays enclavé fortement et dépendant du trafic commercial via le Port de Cotonou.

De part et d’autre de la frontière, les activités commerciales tournent au ralenti et les opérateurs économiques continuent de subir les conséquences de cette fermeture qui dure depuis une éternité, selon eux.

Mécontent de la position adoptée par le Bénin à la suite du renversement du président démocratiquement élu, Mohamed Bazoum, le régime nigérien a choisi d’affirmer son autorité en maintenant la frontière fermée.

Il convient de rappeler qu’après le coup d’État, qui a renversé Mohamed Bazoum, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), avait envisaé de s’appuyer sur le Bénin dans le cadre de ses efforts qui visaient à rétablir l’ordre constitutionnel au Niger, à travers sa force multinationale d’intervention et de maintien de la paix.

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