Polémique autour d’audios attribués à Kémi Seba : le Burkina Faso réagit

Le ministre Burkinabè des affaires étrangères Jean-Marie Karamoko, a réagi aux extraits d’une conversation de l’activiste Kemi Seba qui fait polémique sur la toile. Dans..

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Le ministre Burkinabè des affaires étrangères Jean-Marie Karamoko, a réagi aux extraits d’une conversation de l’activiste Kemi Seba qui fait polémique sur la toile. Dans son interview accordée à voxafrica, le chef de la diplomatie burkinabè a dit souhaiter que ses audios ne soient pas authentiques.

L’affaire des audios attribués à Kémi Seba continue de susciter des réactions au sein de la sphère politique ouest-africaine. Interrogé sur la question, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Jean-Marie Karamoko Traoré, a insisté sur l’absence, à ce stade, de preuves formelles quant à l’authenticité des enregistrements. Dans son intervention, le chef de la diplomatie burkinabè est d’abord revenu sur l’arrestation de l’activiste en Afrique du Sud, une information qu’il dit avoir apprise par le biais de son homologue nigérien, Bakary Yaou Sangaré. Selon les éléments évoqués, cette interpellation pourrait être liée à un dépassement de durée de séjour sur le territoire sud-africain, bien que des clarifications soient toujours attendues de la part des autorités compétentes. En outre, le ministre s’est exprimé sur la controverse née de la diffusion d’audios présentés comme étant de Kémi Seba. Dans ces enregistrements, largement relayés sur les réseaux sociaux, l’activiste tiendrait des propos critiques à l’égard de certains pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), avec lesquels il est pourtant souvent perçu comme proche. Face à cette situation, Jean-Marie Karamoko Traoré appelle à la retenue. « Il est très difficile de donner une position », a-t-il indiqué, avant d’évoquer des versions contradictoires quant à la véracité des audios. Toutefois, il reconnaît que leur contenu, s’il venait à être confirmé, pourrait soulever plusieurs interrogations sur les positions réelles de l’activiste. Prenant une certaine distance personnelle, le ministre a également précisé qu’il ne connaît pas directement Kémi Seba en dehors de ses prises de position publiques. Dans ce contexte, il a exprimé un souhait : « En tout cas, je souhaite vivement que ces audios ne soient pas authentiques », a conclu le chef de la diplomatie burkinabè. Kemi Seba présenté à la justice ce lundi 20 avril Pour rappel, la Direction sud-africaine des enquêtes sur les crimes prioritaires, connue sous le nom de Hawks a annoncé l’arrestation de trois individus à Pretoria à l’issue d’une opération d’infiltration le 13 avril 2026. Parmi eux figure le militant panafricaniste Kémi Séba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi (45 ans), son fils et un facilitateur présumé, François van der Merwe. Selon les autorités sud-africaines, le trio projetait de franchir illégalement le fleuve Limpopo River pour rejoindre le Zimbabwe, avant de poursuivre leur route vers l’Europe. Les enquêteurs évoquent une organisation structurée, avec un réseau de facilitation déjà rémunéré à hauteur de 250 000 rands. Lors de l’opération, environ 318 000 rands ainsi que plusieurs téléphones ont été saisis. Les investigations ont été menées en collaboration avec Interpol, qui a confirmé que Stellio Capo Chichi (voix critique contre la gestion du président Talon) fait l’objet de recherches au Bénin pour des faits qualifiés de crimes contre l’État, et qu’il est également signalé comme fugitif en France. De sources officielles, l’activiste sera présenté à la justice sud-africaine ce lundi 20 avril 2026.

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