Saisi par l’administration coloniale française en 1916, le Djidji Ayôkwé a été officiellement remis à la Côte d’Ivoire le 20 février 2026 à Paris. Objet culturel majeur pour le peuple Bidjan, ce tambour symbolise à la fois mémoire historique et revendication patrimoniale.
Après plus d’un siècle d’absence, le Djidji Ayôkwé, célèbre « tambour parleur » ivoirien, a été restitué par la France à la Côte d’Ivoire lors d’une cérémonie organisée au musée du Quai Branly à Paris. La remise officielle s’est déroulée en présence de hauts responsables des deux pays, ainsi que de la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, et du directeur général de l’Unesco, Khaled El-Enany. Promesse du président français Emmanuel Macron, cette restitution intervient à la suite d’un long processus diplomatique et juridique. L’acte de transfert de propriété a été signé par la ministre française de la Culture, Rachida Dati, après le déclassement de l’objet par le Parlement français en 2025, dérogeant au principe d’inaliénabilité des collections publiques. Ce que l’on sait du « tambour parleur » Le Djidji Ayôkwé est un imposant instrument de musique long d’environ quatre mètres et pesant plus de 400 kilogrammes. Conçu pour émettre des sons audibles à grande distance, il servait de moyen de communication traditionnel. Il permettait notamment d’alerter les populations lors des opérations de recrutement forcé ou d’enrôlement militaire à l’époque coloniale. En raison de ce rôle, il a acquis la réputation de « tambour parleur » et s’est progressivement imposé comme un symbole de résistance et d’identité culturelle du peuple Bidjan. Emporté en France au début du XXe siècle après sa saisie en 1916 puis son transfert en 1929, l’objet a successivement été exposé au musée du Trocadéro avant d’intégrer les collections du Quai Branly. Un programme de restauration avait été lancé en 2022 en raison de sa dégradation liée aux conditions de conservation héritées de la période coloniale. Pour les autorités ivoiriennes, la portée du retour dépasse largement la valeur muséale. « Pour nous, c’est beaucoup plus qu’un instrument. Il porte toute la mémoire d’un peuple », a déclaré le vice-gouverneur d’Abidjan, Paulin Claude Danho, évoquant un symbole culturel majeur. La Côte d’Ivoire avait officiellement demandé sa restitution en 2019, bien que les communautés locales en revendiquent le retour depuis l’indépendance en 1960. Le tambour sera mis en caisse puis transféré vers Abidjan dans les prochaines semaines. À son arrivée, il passera d’abord par Adjamé, localité d’où il avait été emporté, avant d’être exposé au musée national. Une cérémonie nationale est annoncée pour marquer l’événement. Cette restitution s’inscrit dans une dynamique plus large engagée par la France depuis 2017 concernant les biens culturels acquis durant la colonisation. Après les 26 trésors d’Abomey remis au Bénin et le sabre d’El Hadj Omar rendu au Sénégal, le Djidji Ayôkwé devient le premier objet d’une liste de 148 œuvres que la Côte d’Ivoire réclame à Paris. Une loi-cadre adoptée par le Sénat français en janvier 2026 devrait désormais encadrer et faciliter ce type de procédure.Paris – Abidjan : Ce que l’on sait du « tambour parleur » Djidji Ayôkwé restitué par la France à la Côte d’Ivoire
Saisi par l’administration coloniale française en 1916, le Djidji Ayôkwé a été officiellement remis à la Côte d’Ivoire le 20 février 2026 à Paris. Objet..
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