Ousmane Sonko écarte l’idée d’une « déchirure » au sommet de l’État sénégalais

Invité de RFI et France 2 4 ce 15 juin 2026, Ousmane Sonko a abordé sans détour les questions relatives à ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye, à son nouveau rôle à la tête de l’Assemblée nationale et aux défis auxquels fait face le Sénégal. L’ancien Premier ministre a tenu à rassurer sur…

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Diomaye Faye Ousmane Sonko

Invité de RFI et France 2 4 ce 15 juin 2026, Ousmane Sonko a abordé sans détour les questions relatives à ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye, à son nouveau rôle à la tête de l’Assemblée nationale et aux défis auxquels fait face le Sénégal. L’ancien Premier ministre a tenu à rassurer sur la stabilité des institutions et a réaffirmé ses convictions politiques.

Moins d’un mois après avoir quitté la Primature et avoir été élu président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a tenté de dissiper les inquiétudes liées aux divergences apparues ces derniers mois entre lui et le chef de l’État sénégalais.

Interrogé sur les propos du président Bassirou Diomaye Faye, qui avait récemment estimé qu’« aucune querelle ne mérite que l’on déchire le pays qui nous est commun », le leader du PASTEF a rejeté toute idée de crise institutionnelle majeure.

« Je ne pense pas qu’il y ait querelle. Le Sénégal est plus grand que les divergences politiques que nous pouvons avoir », a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’il pouvait exister des désaccords programmatiques sans pour autant compromettre l’unité nationale.

Désormais à la tête de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a indiqué vouloir concentrer ses efforts sur le renforcement du rôle de l’institution parlementaire. Il a assuré que le pouvoir législatif agirait avec responsabilité, sans chercher à entraver systématiquement l’action du gouvernement.

Motion de censure, dette publique, homosexualité et présidentielle de 2029…

Évoquant l’éventualité d’une motion de censure, il a rappelé qu’il s’agissait d’un outil constitutionnel qui pourrait être utilisé si les circonstances l’exigeaient. Toutefois, il a insisté sur la nécessité d’éviter les logiques de confrontation politique dans un contexte où le pays fait face à d’importants défis économiques et sociaux.

Sur le dossier sensible de la dette publique, l’ancien chef du gouvernement a réaffirmé son opposition à toute restructuration qu’il juge contraire aux intérêts du Sénégal. Selon lui, certaines créances pourraient être qualifiées de « dette odieuse », dans la mesure où elles n’auraient pas respecté les procédures institutionnelles prévues par la loi.

Ousmane Sonko est également revenu sur la gestion des manifestations à l’Université Cheikh Anta Diop, au cours desquelles un étudiant avait perdu la vie. Tout en rappelant qu’une enquête judiciaire était en cours, il a reconnu l’existence d’un « usage disproportionné de la force » dans certaines interventions des forces de sécurité.

Concernant le durcissement des sanctions liées aux relations homosexuelles, sujet ayant suscité des critiques à l’international, il a défendu la souveraineté du Sénégal dans l’élaboration de ses lois. Il a estimé que les choix législatifs du pays devaient être appréciés à l’aune de ses réalités sociales, culturelles et religieuses.

Enfin, interrogé sur une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2029, Ousmane Sonko s’est gardé de toute annonce prématurée. Le chef du Parlement sénégalais a rappelé que le PASTEF dispose de mécanismes internes pour désigner son candidat et a affirmé vouloir, pour l’heure, se consacrer pleinement aux responsabilités qui sont les siennes à la présidence de l’Assemblée nationale.

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