Huit mois après sa prise de service en tant que cuisinier au Nigeria en 2020, un béninois a volé une importante somme à ses patrons libanais et se fait choper à Comé, quatre ans après son forfait.
Le procès du prévenu, ouvert depuis octobre 2024, se poursuit actuellement devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Ce mardi 24 mars 2025, le ministère public a fait ses réquisitions dans ce dossier rocambolesque. 7 ans de prison ferme plus 3,5 milliards FCFA. C’est la lourde peine requise, ce mardi par le ministère public contre le cuisinier. Le prévenu est poursuivi par le parquet spécial de la Criet pour des faits de « vol de numéraire et de blanchiment de capitaux ». L’homme est accusé d’avoir volé un million de dollars à ses patrons libanais au Nigéria, au moment des faits. Selon l’accusation, il aurait forcé un coffre-fort de ses patrons, propriétaires d’une société au Nigéria, pour ramasser lesdits fonds et disparaître. Des accusations que rejette catégoriquement le prévenu. À l’ouverture de l’audience en octobre, il a donné sa version des faits. À l’en croire, les accusations portées à son encontre sont infondées. Il s’agirait d’une simple manœuvre de l’un de ses patrons, visant à le nuire. En effet, celui-ci lui aurait donné des instructions fermes pour empoisonner son autre patron. Ce qu’il a refusé, avant d’informer le patron visé. En reconnaissance, ce dernier lui a offert 25 000 dollars, et lui a conseillé de quitter le Nigeria sans penser y revenir. C’est ce patron à qui il a sauvé la vie qui a pris l’argent dont on l’accuse actuellement, a-t-il confié à la Cour. Le prévenu confie également n’avoir même pas pu jouir correctement des 25 000 dollars dont il a été gratifié par son patron, puisqu’il aurait été braqué par des malfrats qui lui ont pris 15 000 dollars, alors qu’il se rendait dans sa plantation d’ananas. Dans cette affaire, trois avocats dont deux nigérians et un béninois défendent les libanais. Ceux-ci, en rappelant les faits, ont indiqué que l’un des libanais voudrait bien être présent pour se prêter lui-même à l’exercice, mais à peur. Car, après son coup, le prévenu aurait envoyé un message à son patron pour lui faire comprendre que c’est avec la « sorcellerie béninoise » qu’il a pu s’introduire dans le coffre-fort. Somme toute, la défense exige, la restitution par le prévenu, du million de dollars volé. Aussi, demande-t-elle à la Cour de condamner le cuisinier à payer la somme de 200 000 dollars à titre de dommages et intérêts. Faisant ses réquisitions, le ministère public, après avoir relevé des incohérences dans la déposition du prévenu, demande à la Cour de le retenir dans les liens de la prévention et de le condamner à sept ans de prison ferme pour « vol du numéraire et blanchiment de capitaux ». La substitut du procureur spécial a également requis contre le prévenu, la somme de plus 3,5 milliards de FCFA au profit de la partie civile. Réaction de la défense du prévenu Sur ce coup, l’avocat du prévenu n’est pas d’accord avec le ministère public et fait des clarifications. La défense de l’accusé fait constater à la Cour que dans cette affaire, son client est l’ange et non le diable. D’autant plus qu’il a sauvé la vie à l’un de ses patrons. Et que celui-ci l’a récompensé en « monnaie de singe ». Au sujet des dollars disparus du coffre-fort, l’avocat a soutenu que le prévenu n’a pas la clé du coffre-fort. Idem pour la carte magnétique d’accès. « Comment a-t-il pu y avoir accès », s’est-il interrogé devant les juges, d’après Banouto. De ce point de vue, l’homme de droit plaide pour la relaxe pure et simple du prévenu, ou à défaut, la relaxe au bénéfice du doute pour son client. Le dossier est renvoyé au 6 mai 2025, pour le verdict final.











