Des tirs et des détonations ont secoué Niamey dans la nuit du samedi 29 août 2026. Plusieurs quartiers de la capitale ont été concernés, notamment la zone de l’aéroport international et le secteur abritant le palais présidentiel. Le signal de la télévision nationale a été coupé.
Selon des témoignages, les détonations ont commencé vers 1h du matin autour de la base 101, située dans le complexe de l’Aéroport. Les tirs se sont poursuivis jusqu’à l’aube. Des habitants d’autres quartiers, comme Koira Kano à l’ouest de la ville, ont rapporté des coups de feu sporadiques vers 5h.
Samedi matin, l’accès au palais présidentiel et aux locaux de la télévision nationale était bloqué par des militaires. Les forces de sécurité obligeaient les véhicules à faire demi-tour. Le grand marché, habituellement très fréquenté, apparaissait particulièrement désert.
À 9h, le signal de Télé Sahel était toujours interrompu. Le programme avait laissé place à un écran noir, aussi bien sur le satellite que sur internet, rapporte France 24.
Face à cette situation confuse, le régime militaire a appelé la population au calme via ses canaux officiels. Il a indiqué que les forces de défense et de sécurité étaient mobilisées pour assurer la protection du pays. Il a aussi invité à ne pas diffuser d’informations non vérifiées. Des communicants proches de la junte ont, de leur côté, évoqué une situation maîtrisée. Des images partagées en ligne montraient par ailleurs des véhicules blindés positionnés près de l’aéroport.
Aucune revendication ni explication officielle n’avait été donnée en début de matinée sur l’origine des tirs. Zone stratégique, la base 101 visée abrite le quartier général des partenaires russes présents au Niger, ainsi que l’état-major de la force conjointe de l’Alliance des États du Sahel formée avec le Burkina Faso et le Mali. Entre décembre et janvier, le site a également servi d’entrepôt pour une cargaison de concentré d’uranium.
Depuis le coup d’Etat de juillet 2023 contre Mohamed Bazoum, le Niger est dirigé par des militaires. Le pays fait face depuis plusieurs années aux attaques de groupes jihadistes, surtout dans la région de Tillabéri, à la frontière avec le Mali et le Burkina Faso.
L’aéroport de Niamey a déjà été pris pour cible deux fois en 2026. En janvier, une attaque attribuée au groupe État islamique avait été repoussée. Fin juin, un autre assaut revendiqué par le JNIM, affilié à Al-Qaïda, avait coûté la vie à 11 soldats et 2 civils.











