Au-delà des opérations militaires menées dans le nord du pays, la lutte contre le terrorisme au Bénin se joue aussi sur le terrain de la communication. Entre désinformation, manipulation numérique et propagation de rumeurs, l’État-major Général des Forces Armées Béninoises a lancé ce vendredi, un appel à la vigilance des citoyens, dont le rôle devient central dans la préservation de la sécurité nationale.
Depuis le lancement de Opération Mirador en 2022, les Forces Armées Béninoises (FAB) mènent des opérations pour faire efficacement face aux attaques des groupes terroristes dans les régions septentrionales du pays. Mais au-delà des affrontements armés, un autre front, plus discret mais tout aussi stratégique, s’impose : celui de l’information. Les groupes terroristes et leurs relais exploitent les réseaux sociaux pour diffuser de fausses informations, recycler d’anciennes vidéos ou amplifier des bilans dans le but de semer la peur et la confusion. Cette stratégie vise à affaiblir la confiance des populations envers les forces de défense, à fragiliser le moral des troupes et à installer un climat d’insécurité généralisée. Selon l’État-major Général des Forces Armées Béninoises, cette guerre hybride repose sur des mécanismes bien rodés : faux comptes, campagnes coordonnées, messages à caractère ethnique ou politique, et fausses revendications d’attaques. Ces contenus, souvent relayés sans vérification, participent involontairement à la propagation de la propagande ennemie et à la déstabilisation du tissu social. Face à cette menace, les autorités insistent sur l’importance d’une discipline informationnelle rigoureuse. Les citoyens sont appelés à privilégier les sources officielles, notamment les communiqués des institutions publiques et de Société de Radiodiffusion et Télévision du Bénin (SRTB), avant tout partage d’information sensible. Le réflexe de vérification, la prudence face aux contenus viraux et le signalement des publications suspectes sont désormais considérés comme des actes de participation à l’effort de sécurité nationale. Les forces de défense elles-mêmes sont soumises à des règles strictes en matière de communication, conformément à la directive de juin 2025 qui impose un devoir de réserve absolu et encadre la diffusion d’informations liées aux opérations. L’objectif est de garantir une communication cohérente, fiable et maîtrisée dans un contexte sécuritaire sensible. Dans ce combat multidimensionnel, la responsabilité collective est un levier déterminant. La sécurité du Bénin ne repose pas uniquement sur les opérations militaires, mais également sur la capacité des citoyens à faire preuve de discernement et à résister à la désinformation. Dans un environnement où chaque message peut influencer les perceptions, la vigilance numérique devient une arme à part entière au service de la stabilité nationale. « La sécurité du Bénin ne repose pas uniquement sur les fusils, les drones et les patrouilles. Elle repose aussi sur notre discipline collective, sur notre esprit critique, sur notre unité nationale. Chaque clic responsable est un coup porté à l’ennemi. Chaque rumeur étouffée est une victoire silencieuse. Chaque message de soutien est un rempart pour nos troupes. Ensemble, refusons donc de devenir les amplificateurs involontaires de la terreur », a précisé l’État-major Général des Forces Armées Béninoises.















