La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a examiné, lundi 11 novembre 2024, le dossier d’un homme d’une cinquantaine d’années accusé de s’être fait passer pour un proche du procureur spécial et des magistrats de la juridiction afin de soutirer de l’argent à des détenus impliqués dans une affaire de contrebande.
Le quinquagénaire est poursuivi pour « escroquerie et blanchiment de capitaux ». Il aurait sollicité et obtenu six millions de francs CFA auprès de sa prétendue victime, détenue avec dix autres personnes, en promettant d’utiliser son influence supposée auprès du procureur spécial et des magistrats de la CRIET pour obtenir leur libération. À la barre, l’accusé a plaidé non coupable, niant les accusations d’escroquerie et de blanchiment. Il a affirmé que les 6,5 millions de francs CFA reçus n’étaient pas destinés à corrompre le procureur et les magistrats, mais plutôt à financer des séances de prières pour la libération de sa prétendue victime et des autres détenus dans l’affaire de contrebande. Selon ses dires, sur les 6,5 millions de francs CFA, 5,5 millions auraient été une promesse de la victime après sa libération, tandis qu’un million aurait été destiné aux séances de prière. Après les enquêtes préliminaires, les détenus ont bénéficié d’une remise en liberté provisoire, et le prévenu aurait affirmé à sa prétendue victime que cette décision du juge était le fruit de ses prières. Lire aussi: [Drogue :la Criet requiert 10 ans de prison et 50 millions FCFA d’amende contre un nigérian arrêté à Cotonou))>https://www.linvestigateur.info/?Drogue-la-Criet-requiert-10-ans-de-prison-et-50-millions-FCFA-d-amende-contre&var_mode=calcul] Réquisitions du ministère public et plaidoirie de la défense La représentante du ministère public a souligné que le prévenu aurait abusé de la crédulité de sa prétendue victime en lui faisant croire qu’il était proche des autorités judiciaires. Elle a révélé que l’accusé avait demandé dix millions de francs CFA supplémentaires pour faire libérer une cargaison de 1 200 bidons de carburant saisis dans l’affaire de contrebande. C’est en se rendant au lieu de rendez-vous pour récupérer cette somme qu’il aurait été arrêté. La substitut du procureur a requis une peine de 24 mois de prison ferme et une amende d’un million de francs CFA contre le prévenu. En réponse, l’avocat du prévenu a plaidé pour la relaxe pure et simple de son client, arguant que celui-ci ne connaissait aucun magistrat de la CRIET et ne pouvait pas légitimement promettre d’intervenir dans une procédure judiciaire. Selon la défense, les prières fonctionnent pour ceux qui y croient, et cela a été le cas ici, puisque tous les accusés ont été libérés provisoirement. Après les réquisitions et plaidoiries, la Cour a renvoyé le délibéré au 16 décembre 2024.















