Les Démocrates : Houndété confirme l’existence de profonds malaises

Les Démocrates sont réellement minés par des problèmes internes. C’est ce que laisse transparaître le message véhiculé par la lettre du vice-président, Éric Houndété, député..

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Les Démocrates sont réellement minés par des problèmes internes. C’est ce que laisse transparaître le message véhiculé par la lettre du vice-président, Éric Houndété, député au Parlement. Dans une missive adressée à son collègue Michel Sodjinou, il ressort, au-delà des trémolos transmis par l’élu de la 5ᵉ circonscription électorale, à travers son message, que la maison « LD » est divisée et que, peut-être, l’adversaire a profité des fissures pour s’y engouffrer.

Ils (Les Démocrates) ont montré leur solidarité lors des votes au Parlement, en l’occurrence lors des votes de rejet des rapports d’activités du président de l’Assemblée nationale Louis Vlavonou. Ils ont montré que ce qui les lie dépasse l’intérêt personnel et leur désertion du Parlement lors des votes de lois qui ne les agréent pas. Mais ils n’ont jamais démontré qu’en interne, de sérieux problèmes secouent la vie du groupe et menacent leur vivre-ensemble. Surtout, le jour du retrait des parrainages à la Commission électorale nationale autonome (CENA), ils se sont déplacés en bus pour montrer que le groupe est indissociable. Seulement, il a fallu la réclamation, par exploit d’huissier, du formulaire de parrainage du député Michel Sodjinou chez le président du parti Boni Yayi, le lundi 13 octobre dernier, pour que les problèmes soient dehors. Au-delà de l’affaire dite « retrait de formulaire de parrainage » du député Michel Sodjinou, la lettre d’Éric Houndété à l’intéressé, ce mercredi 15 octobre 2025, révèle au grand jour, les dissensions au sein du groupe. Morceau choisi : « …Je dois reconnaître que le 2 septembre 2025, lorsque nous avons retiré les parrainages à la CENA, tu avais déjà exprimé tes appréhensions. Tu avais pris la décision de ne pas remettre le tien ou de ne le remettre que lorsque tu aurais été d’accord sur le candidat choisi. C’est moi qui t’avais supplié de le remettre et de faire confiance aux instances de notre parti… » Le ver est dans le fruit En effet, l’aveu du député Houndété est déjà la preuve qu’en interne, des problèmes de choix de candidats ou de liberté ont miné le groupe. La remise des 28 parrainages au président Boni Yayi du parti répond, à la lumière de la lettre de l’ancien proche collaborateur de Bruno Amoussou à l’Union fait la Nation, à une contrainte. Mieux, le déplacement en groupe des députés à la CENA, pendant que chaque élu du peuple, selon son programme, pouvait y aller à l’heure et au moment voulu, est par ailleurs une preuve que le groupe présente assez de signes de fébrilité. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, sera peut-être le choix du duo. Avant le Conseil national du lundi 13 octobre, selon des sources officieuses, le nom de l’avocat Renaud Agbodjo était sur certaines lèvres. Si le député Michel Sodjinou a exigé le retrait de son formulaire de parrainage par exploit d’huissier, il est possible qu’il ait la conviction que ledit choix est presque fait. L’arrivée de celui qui sera désigné candidat du parti, avec la sécurité requise et les chants de certains militants « prési, prési », diminutif de « Président », est une autre preuve que tout était fait. Le Conseil national n’aura servi que de symbolisme. Alors, question : pourquoi lancer un appel à candidatures ? Que reproche-t-on à la mouvance qui a sorti le nom de son candidat sans appel à candidatures, seulement le temps d’un simple conclave ? Le choix de l’avocat, plus ou moins connu à l’avance, peut générer d’autres frustrations, notamment chez le député « dissident » qui ne s’y retrouve pas. Est-ce un choix imposé ou l’avocat présente-t-il le meilleur dossier parmi les 34 prétendants ? Si l’on accorde du crédit à la commission du docteur Christophe Monsia, c’est qu’il est le meilleur choix. Seulement, les justifications du retrait des dossiers de certains candidats tels que les députés Kamel Ouassagari et Nourénou Atchadé, avouons-le, laissent croire qu’entre sacrifices et concessions faits, il y a eu peut-être des pressions. Et enfin, Éric Houndété, très jusqu’au-boutiste, aurait, par le biais d’un gentleman agreement, abdiqué. Selon certaines indiscrétions, un proche à lui, Jude Lodjou, aurait été pris pour colistier afin de le contenter. Or, le désormais colistier de l’avocat-candidat du parti, n’était pas, au départ, candidat à la candidature du duo. En résumé, l’accouchement a été difficile puisque le « patron » a mal césarisé la femme en travail. Conséquence : le schisme est apparu au grand jour. Dans la gestion du choix du duo, Les Démocrates ont été moins démocrates qu’on le pense. À dire vrai, le ver est dans le fruit.

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