Un simple constat après la publication des listes en marge des législatives du 11 janvier 2026 : les femmes doivent encore se battre afin de s’assumer et contraindre les hommes à changer positivement la donne. Egalité de genre chante-t-on ! Pourtant, la vérité sur le terrain et la mise en œuvre du « concept », toujours dans les limbes. Quatre (04) femmes positionnées, «tête de liste » au sein du Bloc Républicain et aucune à l’Union progressiste le Renouveau. Sapristi !
Sans jouer les cassandre, on a l’impression et à juste titre, que les femmes en milieu politique au Bénin et particulièrement celles qui ambitionnent d’être au parlement, lors de l’installation de la 10è législature, ont encore du chemin à parcourir. En effet, « L’article 144 du Code électoral de 2019 du Bénin réserve 24 sièges sur les 109 de l’Assemblée nationale spécifiquement aux femmes. Cet article spécifie également que chaque liste de candidats de parti doit inclure une femme et sa suppléante pour ces sièges réservés, comme détaillé dans l’article 145 du même code. » Sur 109 sièges en effet, l’article plus haut évoqué, réserve 24 aux femmes soit 22%. Pendant que les femmes elles-mêmes voient le verre à moitié plein, au lendemain du vote de cet article, des analystes se rendent compte plutôt, qu’il est à moitié vide. Le dévoilement des listes pour les législatives du 11 janvier 2026, par la Commission électorale nationale autonome (CENA), a permis de savoir que le Bloc Républicain (BR), l’une des deux grandes entités soutenant le régime, a fait un « gros effort », avant de pouvoir positionner quatre femmes titulaires, « tête de liste ». Chantal Dedevi Ahyi, 16è circonscription électorale, Alimatou Badarou dans la 15è, Sofiatou Shannou, porte-étendard de sa formation politique dans la 19è et Albertine Assikidana dans la 21è. Pendant ce temps, le constat tout aussi désolant imprime la marque de misogynie aux dirigeants de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R), qui ont juste démontré que l’article 144 du Code électoral de 2019, a d’ores et déjà réglé le problème des femmes. Partant de l’attitude exprimée tacitement par les dirigeants UP-R, il est normal que l’ancienne présidente de lex-parti Renaissance Nationale (RN), Claudine Prudencio réagisse à l’expression « Bonus Femmes », toute en courroux, collée à son positionnement dans la 6è circonscription électorale. Mais pourtant, cela y a l’air. Si dans un parti comme l’UP-R, proclamé urbi et orbi le plus grand et populaire du pays, les femmes devraient s’en remettre au bienfait du code électoral de 2019 et son article 144, pour être positionnées sur les listes de leur parti politique, c’est qu’on n’est pas sorti de l’auberge. Pourtant, lors de la révision de la constitution en 2019, la promotion des femmes au parlement avait été l’un des atouts vantés et soutenant la modification de la loi fondamentale. Ceux qui ont porté et conduit cette réforme ont fait une part du boulot. La suite revient aux dirigeants de partis politiques et surtout sa mise en œuvre, à travers leur bonne foi. C’est à croire, sauf erreur, qu’à l’UP-R, les femmes doivent se réjouir de la portion infinitésimale que le législateur leur a conférée dans la course au parlement. Dans ces conditions faut-il le dire, il n’est pas exagéré de se demander si le Bénin aura un jour, une femme à la tête de l’hémicycle ? Déjà qu’elles (NDLR les femmes) peinent à s’affranchir et à accepter les mots dans leur juste contexte (NDLR ‘’bonus femmes’’), et compte tenu du traitement que leur font, les hommes, il est bien illusoire de glisser sur ce terrain et chercher de guerre lasse, à plaider leur cas. Pourtant il y a ces chiffres qui font peur Non rassasiés, les hommes veulent garder une mainmise sur les postes de responsabilité dans leur course effrénée et ceci sans partage dans le sérail politique. Ils ont cette propension à maintenir la femme sous leur domination. L’important à travers ce plaidoyer est de savoir si on aura une présence en nombre écrasant de députées femmes à la 10è législature ? Au total, 29 sur 109 députés pour un fichu 26% lors de la 9è législature. Et pour en arriver à ce chiffre, il a fallu la démission du ministre des enseignements maternel et primaire Salimane Karimou pour que Rachidatou Fatolou s’installe à l’hémicycle comme députée. Sinon que les statistiques seraient bien en deçà de celles comptabilisées à la fin de cette 9è législature. En vérité pour la 9è législature, l’UP-R a disposé de 14 députées femmes, 8 pour le BR et 7 pour Les Démocrates. Alors, au regard de la configuration actuelle et vu les positionnements, peut-on encore espérer 29 femmes à l’Assemblée nationale dès 2026 ? La coupe semble-t-il, est pleine au regard des positionnements qui contraignent les femmes dans un rôle de faire-valoir ou second couteau. L’expression « bonus femmes » ne devrait pas mécontenter. Au contraire, elle devrait être considérée comme ce coup de gueule, une vraie passerelle à la réflexion pour les femmes désireuses de siéger au parlement malgré la chansonnette « l’égalité de genre », devenue passe-droit surtout quand les hommes de tous poils décident d’emberlificoter les femmes devenues parfois, leur Cheval de Troie pour obtenir gain de cause. En définitive, les femmes, doivent se réveiller afin d’éviter le rôle de la 5è roue de carrosse qui leur est dévolu dans les différentes chapelles politiques.Législatives 2026, UP-R, BR : « Bonus femmes », et à juste titre !
Un simple constat après la publication des listes en marge des législatives du 11 janvier 2026 : les femmes doivent encore se battre afin de..
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