La justice kényane a condamné ce vendredi 06 novembre 2026, le pasteur autoproclamé, Paul Mackenzie, à 200 ans de prison. Il avait été reconnu coupable le 19 octobre dernier par la Haute Cour de Mombasa du meurtre de 190 enfants et d’un adulte.
Chef de Église internationale de la Bonne Nouvelle, il avait incité ses fidèles à se laisser mourir de faim afin de « rencontrer Jésus ». En 2023, des centaines de corps avaient été découverts dans l’arrière-pays kényan, près des plages de Malindi, dans le sud du pays.
Le procès aura duré plus de deux ans, avec plus de 130 témoins entendus et des milliers de pièces à conviction examinées. Le mois dernier, le tribunal de la ville portuaire de Mombasa avait jugé le pasteur autoproclamé et ancien chauffeur de taxi Paul Mackenzie, ainsi que 28 complices, reconnus coupables des meurtres de 190 enfants et d’un adulte entre janvier 2021 et septembre 2023. Le procès avait alors été renvoyé au 06 novembre pour le verdict final.
Ce vendredi, M. Mackenzie, vêtu d’un polo gris, est arrivé au tribunal avec les autres condamnés, affichant un air indifférent, sourire en coin. Après des heures de lecture de la sentence, la juge Diana Kavedza Mochache l’a condamné à 100 ans d’emprisonnement pour chacune des 183 victimes mortes de faim et à une peine équivalente pour huit autres victimes d’homicide direct.
Ces peines, purgées simultanément, aboutissent à une peine totale de 200 ans d’emprisonnement. Sur les 28 coaccusés, 26 ont écopé de peines comprises entre 100 et 160 ans de prison, et deux de 10 ans d’emprisonnement. L’avocat de la défense a indiqué que ses clients allaient faire appel.
Pour sa part, le parquet avait réclamé en début de semaine la peine capitale pour le gourou, une disposition prévue par la loi kényane. Mais la dernière exécution dans ce pays remonte à 1987.
M. Mackenzie fait également face, dans des affaires distinctes, à des accusations d’homicide involontaire et de terrorisme. Selon les témoignages, il avait dirigé la pratique de jeûnes selon une « hiérarchie de la mort » : les enfants d’abord, puis les adolescents, les femmes ensuite, et enfin les hommes.
Lors du procès, les témoins ont décrit un mouvement qui dénonçait l’enseignement formel comme satanique, considérait la médecine moderne et les hôpitaux comme des instruments du diable, et exigeait de ses adeptes qu’ils se retirent du monde dans un ranch de 325 hectares de la forêt de Shakahola, une vaste zone de brousse de la côte kényane.











