Les attaques xénophobes actuellement en cours en Afrique du Sud continuent de susciter des réactions sur le continent. Profitant de son 69e sommet ordinaire, tenu le dimanche 19 juillet 2026 en Sierra Léone, la CEDEAO a exprimé sa « profonde préoccupation » par rapport à cette situation.
« La Conférence note avec une profonde préoccupation les attaques xénophobes en cours en Afrique du Sud, ciblant les personnes d’ascendance africaine, particulièrement le traitement indigne infligé aux citoyens ouest africains, et exprime sa ferme condamnation de ce phénomène récurrent », lit-on dans le communiqué final consulté par L’Investigateur.
Face à cette situation, les Chefs d’Etat de la CEDEAO ont exhorté les autorités sud-africaines à maîtriser immédiatement la situation et à trouver une solution permanente, afin d’assurer la sécurité et la protection des ressortissants ouest-africains et de tous les autres ressortissants africains résidant dans le pays.
Par ailleurs, la Conférence a décidé de soutenir l’initiative du Ghana d’inscrire cette question à l’ordre du jour de la prochaine Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine (UA), en vue d’un débat approfondi et de la recherche d’une solution définitive.
Contexte
Depuis la fin du mois de mars 2026, plusieurs villes sud-africaines sont secouées par des attaques visant les ressortissants d’autres pays africains, notamment les Ghanéens, Nigérians, Zimbabwéens, Mozambicains, Congolais, Somaliens ou encore Camerounais. Ces attaques, qui entraînent des déplacements forcés, des traumatismes pour les victimes et créent un climat de peur dans les communautés migrantes, sont alimentées par des frustrations socio-économiques, un chômage endémique et des perceptions négatives des migrants africains.
Le gouvernement sud-africain avait promis l’ouverture d’enquêtes approfondies pour identifier les responsables de ces violences et établir les faits, notamment après les incidents impliquant des ressortissants ghanéens. Mais alors que l’ultimatum du 30 juin fixé par plusieurs mouvements anti-immigration pour que les étrangers en situation irrégulière quittent le pays approchait, le Président Cyril Ramaphosa s’était adressé à la nation le 07 juin.
Évoquant les défis autour de l’immigration, il a annoncé œuvrer pour le renforcement du contrôle aux frontières, la surveillance plus accrue des entreprises qui embauchent des personnes sans-papiers et la modernisation du système d’immigration pour garantir un cadre plus efficace.









