Hounvi, le chroniqueur détient « un gros laboratoire de désinformations qui produit du sensationnel », selon Gbadamassi

Au Bénin, des réactions se font enregistrer après l’arrestation du Web activiste, Steve Amoussou, alias Frère Hounvi. La dernière en date, est celle de l’ancien député et ex maire de Parakou, Rachidi Gbadamassi. Dans un message audio largement diffusé sur les médias sociaux, ce mardi, il a condamné la dernière sortie de l’opposition notamment celle…

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Au Bénin, des réactions se font enregistrer après l’arrestation du Web activiste, Steve Amoussou, alias Frère Hounvi. La dernière en date, est celle de l’ancien député et ex maire de Parakou, Rachidi Gbadamassi. Dans un message audio largement diffusé sur les médias sociaux, ce mardi, il a condamné la dernière sortie de l’opposition notamment celle des députés du parti Les Démocrates.

Au Bénin, des réactions se font enregistrer après l’arrestation du Web activiste, Steve Amoussou, alias Frère Hounvi. La dernière en date, est celle de l’ancien député et ex maire de Parakou, Rachidi Gbadamassi. Dans un message audio largement diffusé sur les médias sociaux, ce mardi, il a condamné la dernière sortie de l’opposition notamment celle des députés du parti Les démocrates. Le lundi 19 août 2024, des députés du Parti Les démocrates ont fait le déplacement à la Criet en signe de soutien au Frère Hounvi. Arrêté le 12 août dans une banlieue de Lomé et gardé à vue à la Brigade économique et financière (BEF), ce chroniqueur pourfendeur du régime en place, devait être présenté au procureur de la République près la Criet. Réagissant pour la première fois à cette actualité brulante, Rachidi Gbadamassi, ancien maire de la ville de Parakou et plusieurs fois député, n’est pas allé du dos de la cuillère pour exprimer ses griefs vis-à-vis du plus grand parti de l’opposition au Bénin. Selon ses propos, les actions dites de « soutien » du parti au chroniqueur politique, ne sont pas de nature à faciliter les choses. « Le fait pour eux de se présenter devant la Criet avec les attributs de leur fonction de député, de représentant du peuple, est une succession de quatre fautes, les unes aussi graves que les autres et qui atteste de “leur“ degré de pourriture et de déchéance psycho social », pense Rachidi Gbadamassi. La première faute, évoque-il d’emblée, « c’est la faute éthique et morale ». Selon lui, les députés du parti Les Démocrates avaient plein droit d’aller soutenir le Frère Hounvi mais seulement en qualité de simple « citoyen, pas en tant que députés ». En cela, lance-il, « ces députés ont désacralisé la fonction parlementaire ». S’agissant de la deuxième faute, elle est strictement politique. En effet, « tout le monde est convaincu que le sieur Steve Amoussou a passé huit ans à calomnier, porter atteinte à l’honneur du paisible citoyen d’autorité y compris moi-même qui vous parle, en élaborant un gros laboratoire de désinformations dont le seul but est la production du sensationnel… Sa culpabilité ne fait l’ombre d’aucun doute. Il ne peut pas prouver toutes les histoires qu’il a inventées. Je pense que ces députés doivent être des exemples et des modèles pour la société. Aller soutenir ce garçon est assimilable au soutien à un braqueur », argumente-il. A cet effet, l’ex-parlementaire pense « qu’il faut une formation politique, une formation parlementaire pour ces élus ‘’Démocrates’’, sinon, aller souiller le sceau de la République, c’est dangereux ». La troisième faute, la plus délicate d’ailleurs, selon ce soutien du Président Patrice Talon, c’est une « faute pénale ». Ici, Rachidi Gbadamassi a expliqué que la présence des hommes du parti de Boni Yayi devant la Criet lundi, constitue une sorte de « pression sur la justice », une infraction à la loi pénale, ce qui est passible de peines d’emprisonnement, informe-il. La quatrième et dernière faute commise par Les Démocrates dans le dossier Frère Hounvi et relevée par l’ancien parlementaire, est une faute constitutionnelle. « La constitution du 11 décembre 1990 consacre la séparation des pouvoirs et a dévolu des prérogatives à chaque pouvoir qui doit rester dans son couloir… ». De ce fait, le comportement des députés du parti Les Démocrates est condamnable, conclut-il.

 

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