Éthiopie : la correspondante de La Croix expulsée après un reportage au Tigré

Le quotidien français La Croix a annoncé l’expulsion de sa correspondante en Éthiopie, Augustine Passilly, après un reportage réalisé dans la région du Tigré. Une décision dénoncée comme arbitraire par le journal. La journaliste Augustine Passilly, correspondante du quotidien français La Croix en Éthiopie depuis septembre 2023, a été expulsée du territoire éthiopien, a annoncé…

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Éthiopie : la correspondante de La Croix expulsée après un reportage au Tigré

Le quotidien français La Croix a annoncé l’expulsion de sa correspondante en Éthiopie, Augustine Passilly, après un reportage réalisé dans la région du Tigré. Une décision dénoncée comme arbitraire par le journal.

La journaliste Augustine Passilly, correspondante du quotidien français La Croix en Éthiopie depuis septembre 2023, a été expulsée du territoire éthiopien, a annoncé le média vendredi 12 juin. Selon le journal, cette mesure est intervenue quelques jours après son retour d’un reportage dans la région du Tigré, dans le nord du pays.

D’après Thomas Hofnung, chef du service international de La Croix, la journaliste a vu son accréditation retirée au début de la semaine, entraînant de fait son expulsion. « C’est une décision incompréhensible qui est une atteinte à la liberté de la presse », a-t-il déclaré, estimant qu’Augustine Passilly n’avait enfreint aucune règle dans l’exercice de ses fonctions.

Le reportage réalisé par la correspondante portait notamment sur des allégations de recrutement forcé au Tigré. Cette région demeure particulièrement sensible depuis la guerre qui a opposé, entre 2020 et 2022, les forces fédérales éthiopiennes aux autorités locales tigréennes. Malgré l’accord de paix signé en novembre 2022, les tensions persistent et alimentent les craintes d’une nouvelle escalade du conflit.

Selon une estimation de l’Union africaine, la guerre du Tigré aurait causé au moins 600 000 morts, bien que certains spécialistes considèrent ce bilan comme sous-évalué. Le conflit, largement fermé aux regards extérieurs, a également été marqué par de nombreuses accusations d’exactions contre les populations civiles.

Cette expulsion intervient dans un contexte de détérioration du climat médiatique en Éthiopie. Si l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed en 2018 avait suscité des espoirs d’ouverture démocratique, plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent aujourd’hui un recul des libertés fondamentales.

Dans son classement mondial de la liberté de la presse 2026, Reporters sans frontières (RSF) place l’Éthiopie au 148e rang sur 180 pays, soit une baisse de trois places par rapport à l’année précédente. L’organisation fait état d’une « forte reprise en main de l’information » par les autorités et indique que cinq journalistes sont actuellement détenus dans le pays.

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