Le Niger a officiellement notifié son retrait de la Cour pénale internationale (CPI). Cette démarche, qui s’inscrit dans la politique de souveraineté défendue par les autorités de Niamey, intervient plusieurs mois après l’annonce commune des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) de quitter la juridiction internationale.
La Cour pénale internationale a confirmé, mardi 23 juin, avoir reçu le 18 juin dernier la notification officielle du Niger annonçant son retrait de l’institution. Conformément aux dispositions du Statut de Rome, ce retrait ne deviendra effectif que le 18 juin 2027.
En attendant cette échéance, les autorités nigériennes restent liées par leurs engagements envers la Cour. Elles devront notamment continuer à coopérer avec la juridiction sur les procédures en cours, comme l’exigent les règles qui encadrent le retrait d’un État partie.
Cette décision s’inscrit dans le prolongement de l’annonce faite en septembre 2025 par le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Les trois États membres de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel avaient alors dénoncé une institution qu’ils estimaient instrumentalisée contre les pays africains et avaient annoncé leur volonté de s’en retirer.
Dans la notification transmise au Secrétaire général des Nations unies, Niamey affirme que la Cour pénale internationale, créée pour lutter contre l’impunité des crimes les plus graves, « a fait l’objet de détournements et d’instrumentalisations », alors qu’elle avait suscité, à son lancement, de nombreux espoirs en faveur de la justice internationale.
La CPI prend acte de la décision de Niamey
La CPI, de son côté, a pris acte de cette décision tout en exprimant son regret. L’institution rappelle que si chaque État est libre d’adhérer ou de se retirer d’un traité international, elle considère que ces départs affaiblissent les efforts collectifs destinés à poursuivre les auteurs de génocides, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et du crime d’agression.
À ce stade, la Cour n’a annoncé avoir reçu aucune notification officielle de retrait de la part du Mali et du Burkina Faso. Si les deux pays avaient affiché la même position politique que Niamey, ils n’ont pas encore engagé formellement la procédure auprès des Nations unies.
Fondée en 2002, la Cour pénale internationale rassemble actuellement 125 États parties. Plusieurs puissances, dont les États-Unis, la Russie, la Chine et Israël, n’ont toutefois jamais adhéré au Statut de Rome.












